Nanotechnologie : rappel de ce que Greenpeace Canada en pense....(décembre 2007)

Publié le par Bambou254

Quelques uns des symboles conçus par les participants du concours de l'organisme ETC Group, qui a lancé en 2006 un appel au public. Les illustrations devaient représenter le concept des nanotechnologies comme matière dangeureuse. Plus de détails ici » [1] [1] http://www.etcgroup.org/en/materials/publications.html?pub_id=604

Quelques uns des symboles conçus par les participants du concours de l'organisme ETC Group, qui a lancé en 2006 un appel au public. Les illustrations devaient représenter le concept des nanotechnologies comme matière dangeureuse. Plus de détails ici »



Montréal, Québec, Canada — Lorsqu’on ne tire pas les conclusions des erreurs du passé, on est destinés à les répéter. Après les produits toxiques, les herbicides, l’amiante, le tabac, les OGM voici qu’arrivent à grand pas les nanotechnologies. Il y aurait déjà plus de 700 produits sur le marché sans qu’ils aient été testés pour leur innocuité. Il existait environ 2300 brevets de nanotechnologies en 2003 dans le monde.

Qu'est-ce que les nanotechnologies ?

Les nanotechnologies sont de nouvelles technologies de l’infiniment petit ( 0,000 000 001 mètre ! ou 1 million de nanomètres par milimètre). Un cheveu mesure environ 80 000 nanomètres (nm), un virus 150 nm, un morceau d’ADN : 2 nm, et un tube de carbone ou nanotube 1,4 nm, un atome 0,1 nm. Ces technologies de l’infiniment petit permettent la production atome par atome ou molécule par molécule de nouveaux produits et de nouvelles substances.

Les applications des nanotechnologies peuvent potentiellement se retrouver partout et notamment dans l’électronique, des produits cosmétiques, des crèmes solaires, des médicaments, des peintures, des cellules photovoltaïques, des vêtements, des accessoires de sports, cosmétiques, etc… À l’avenir on pourrait avoir aussi des aliments nanotech qui vous permettront de goûter n’importe quelle saveur d’aliments sous toutes sortes d'applications comme du chewing-gum. Les nanotechnologies peuvent être non seulement des produits de consommation mais aussi des procédés de fabrication en usine ou en laboratoire.

Les promesses des nanotechnologies sont à priori très intéressantes. À titre d'exemple, des peintures ayant de nouvelles propriétés comme une résistance accrue à l’eau ou au soleil, ou des médicaments contre le cancer qui ciblent uniquement les cellules cancérigènes, évitant ainsi les effets secondaires des traitements aléatoires de radiochimie qui détruisent aussi les cellules en santé.

Les risques des nanotechnologies

Cependant, la présence de nanoparticules dans l’environnement et dans notre corps peut aussi présenter des risques. En effet, il n’existe pas de filtres qui puissent empêcher la dissémination des nanoparticules dans l’environnement. Le système naturel de défense de notre corps laisse passer les nanoparticules. Bref, nous faisons face à une nouvelle pollution dont on ne sait pas grand-chose. Il n’y a pas que Greenpeace qui sonne l’alarme.

L’Institut national de santé publique du Québec et la Commission de l’éthique de la science et de la technologie du Québec ont notamment illustré les types de risques potentiellement catastrophiques pour la santé et l’environnement. On sait déjà que les nanotubes peuvent être persistants dans l’eau pendant au moins 60 jours. Les nanotubes peuvent servir de vecteurs pour des bactéries comme E.coli, etc. Les nanoparticules dont les composés individuels sont sécuritaires peuvent une fois assemblées devenir toxiques. Le problème est que les organismes publics présument que les propriétés des nanoparticules sont aussi sécuritaire que les éléments qui les composent. Bref, il n’existe pas de cadre réglementaire et d'évaluations spécifiquement adaptées aux risques des nanotechnologies.

Les méthodes cavalières avec lesquelles on introduit sur le marché les nanotechnologies se comparent à la façon dont les OGM se sont tout à coup retrouvés dans nos assiettes, sans débat public et sans étiquetage.

Même les chercheurs américains qui travaillent sur les nanotechnologies (et donc généralement favorable aux nanotechnologies) se montrent inquiets. C’est du moins ce que révèlent les résultats d’un sondage publié dans la revue scientifique Nature Nanotechnology :

  • 20 % des chercheurs craignent l’apparition de nouvelles formes de pollution;
  • 30 % des scientifiques s’inquiètent des effets néfastes possibles des nanomatériaux sur la santé humaine (20 % chez le public général);
  • 30 % des scientifiques sont inquiets de ce que les nanotechnologies risquent d’engendrer en terme de perte de vie privée (45 % pour le public).

Aujourd’hui, des compagnies d’assurance comme la Zurich et la Lloyd’s se préoccupent publiquement des risques que pourraient générer les nanotechnologies. Rappelons que le secteur des assurances fut l’un des premiers secteurs de notre économie à sonner l’alarme sur les conséquences éventuelles des changements climatiques.

Avant d’autoriser les nanotechnologies et d’investir 140 M$ comme a pu le faire le gouvernement du Québec, il faudrait tenir un large débat public sur les enjeux qui en découlent et adopter le principe absolu de précaution. Pour commencer, le gouvernement du Québec devrait donner suite aux recommandations de l’Institut national de santé publique du Québec et de la Commission de l’éthique de la science et de la technologie afin d’exiger que le gouvernement fédéral en fasse autant.

Quoi faire au sujet des nanotechnologies : précaution, précaution et précaution

Une vaste coalition d’une cinquantaine d’ONG incluant Greenpeace a défini une série de principes fondamentaux pour favoriser une évaluation sérieuses des nanotechnologies. Ces principes comprennent la précaution, l’évaluation complète du cycle de vie environnemental et les effets sur la santé et la sécurité au travail des nanotechnologies avant toute mise en marché des produits.

Or, Ottawa a mis en place un processus de consultation publique très discret sur les nanotechnologies par l’entremise du Conseil des académies canadiennes. Greenpeace a fait parvenir à ce groupe d’experts qui doit se pencher sur notre utilisation des nanotechnologies un document signé par 50 ONG.

Vous pouvez vous aussi faire valoir votre opinion et réclamer le respect du principe élémentaire de précaution. Suffit de faire parvenir vos commentaires à:

Marie-Noëlle Ip, Directrice de programme
marie-noelle.ip@scienceadvice.ca
Conseil des académies canadiennes
180, rue Elgin, bureau 1401
Ottawa (Ont.) K2P 2K3

Principes de surveillance des nanotechnologies et nanomatériaux

18 décembre 2007

Document de 14 pages signé par une coalition d’une cinquantaine d’ONG incluant Greenpeace qui identifie une série de principes fondammentaux pour une évaluation sérieuses des nanotechnologies.

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narcissyrk 28/07/2009 13:20

Plus petit est l'ennemi, plus grande sera la catastrophe ?

Bambou254 28/07/2009 19:18


Ca risque bien.