Le militant des droits de l'Homme Golden Misabiko est emprisonné depuis plusieurs semaines pour avoir publié un rapport sur l'exploitation illégale de mines d'uranium.

Publié le par Bambou254

Youphil.com - 13/08/2009 -

L'uranium congolais ne tolère pas d'électron libre

Le militant des droits de l'Homme Golden Misabiko est emprisonné depuis plusieurs semaines pour avoir publié un rapport sur l'exploitation illégale de mines d'uranium.

 

Les soutiens de Golden Misabiko y croient. La visite d'Hillary Clinton en République Démocratique du Congo (RDC) pourrait changer la donne et permettre la libération du président de l'ONG Asadho-Katanga. C'est du moins l'espoir de nombreux activistes des droits de l'homme, qui ont réussi à faire passer le message à la Secrétaire d'Etat américaine lors de son passage les 10 et 11 août dernier. Reste à savoir si Hillary Clinton aura évoqué le sujet avec le président Joseph Kabila.

Golden Misabiko a eu le tort de publier le 13 juillet dernier un rapport sur l'exploitation illégale de mines d'uranium dans cette région du Sud-Est du pays. Interpellé par les services de renseignement le 24 juillet à Lubumbashi, il est depuis en détention.

L'ONG Asadho, habituée des services de police

"Nous l’avons vu ce matin, il garde le moral et reste quand même en bonne santé". Timothée Mbuya, vice-président de l'ONG Asadho au Katanga, se montre rassurant. Depuis son arrestation, il rend régulièrement visite à son collègue de travail et vérifie son état de santé.

Lui-même avait d'ailleurs été convoqué en même temps que Golden Misabiko, mais sans suite cette fois-ci. "Ce n'est pas la première fois: il arrive souvent que nous soyons interpellés et détenus un jour ou deux", explique-t-il d'un ton las.

Un scénario qui se répète

Golden Misabiko a en effet déjà connu les affres de la détention. Ce père de cinq enfants, né en 1956, s'est engagé dans la défense des droits de l'Homme après des études d’anglais et d’économie. Devenu consultant pour le consulat des Etats-Unis en RDC, il travaille pour le centre culturel américain avant de rejoindre l'Asadho et d'en devenir le trésorier général.

Mais l’ONG devient persona non grata en 1998, alors que Golden Misabiko est en charge de la région du Katanga. Le régime accuse l'ONG d'être à la solde tantôt de Mobutu, tantôt des Occidentaux, quand ce n'est pas des voisins rwandais.

Il travaille donc dans la clandestinité, avant d'être arrêté une première fois en 2000. "Il a été détenu pendant huit mois au cachot, sans raison. Il est alors parti en exil en Suède durant trois ans", confie Timothée Mbuya.

Difficile retour au pays

Revenu en RDC en 2004, Golden Misabiko n'échappe pas à la vigilance du régime, qui multiplie les pressions. Selon Timothée Mbuya, dès son retour "les agents de renseignement sont allés menacer les ONG avec lesquelles il avait repris le travail."

Il redevient quand même président de l’Asadho pour le Katanga et continue son activité, jusqu'en en juillet dernier. Le dernier rapport qu'il publie est celui de trop.

Intitulé "Mine uranifère de Shinkolobwe : de l’exploitation illicite artisanale à l’accord entre la RD Congo et le groupe nucléaire français AREVA", cette étude se montre très critique. Et provoque son arrestation moins de deux semaines plus tard, officiellement pour "subversion". Golden Misabiko a le tort de souligner à l'intérieur "l'impunité et l'enracinement de la corruption généralisés, entretenus par les institutions publiques".

Un espoir nommé Hillary Clinton

Le 4 août dernier, chose inédite, 221 ONG présentes en RDC s'associent pour demander sa libération auprès du président Joseph Kabila. Apparemment sans succès, mais il reste alors la perspective de la visite d'Hillary Clinton.

"Nous espérons beaucoup de sa venue, d’autant qu’il est un détenu politique…quand on voit les charges retenues contre lui, cela n’a pas de sens", regrette Timothée Mbuya.

"Nous avons des collègues à Kinshasa qui ont pu lui parler, nous avons bon espoir qu’elle ait abordé le sujet avec le président Kabila", ajoute-t-il. Son ONG a également demandé la médiation de l'Union Européenne, mais celle-ci se montre jusque-là très prudente.

Un symbole pour les défenseurs des droits de l'homme

"On ne peut pas punir quelqu’un injustement, alors que les informations qu’il a publié sont vraies et vérifiables", estime Timothée Mbuya. Puisque, selon lui, son arrestation serait avant tout politique, il espère que sa libération dépendra aussi du politique.

Dans le cas contraire, Timothée Mbuya envisage le pire: "Face à un cas d’injustice aussi flagrant, une voix ferme et forte est indispensable. Les défenseurs des droits de l’homme pourraient se décourager si l'intervention d'Hillary Clinton n'aboutit pas. Ce serait alors la mort de la société civile en RDC".

 

Pour rappel, signez la pétition en faveur de Golden Misabiko en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://bambou254.over-blog.com/article-34292371.html

 

 

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