Un abattoir de Charal infiltré : des images insoutenables loin de la "qualité" affichée

Publié le par Bambou254

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Dans l'abattoir Charal de Metz
Dans l'abattoir Charal de Metz
Crédit : L214

L'abattoir Charal de Metz a été infiltré par un enquêteur de l'association de protection animale L214. Les images tournées en caméra cachée sont sans appel. Que ce soit en abattage rituel ou non, le non respect de la réglementation en vigueur entraîne des morts insoutenables : des bovins (vaches, boeufs) suspendus par une patte à la chaîne d'abattage s'agitent désespérément pendant de longues minutes avant de rendre leur dernier souffle. L214 porte plainte contre Charal pour cruauté envers les animaux et dénonce la tromperie de l'entreprise envers les consommateurs.

Une réglementation sans effet, des souffrances évitables

Pour l'abattage standard, les bovins sont étourdis puis suspendus à la chaîne d'abattage, mais au lieu d'être immédiatement égorgés comme l'exige la réglementation (1), l'employé chargé des mises à mort accumule du retard ce qui entraîne une reprise de conscience des animaux avant leur égorgement.

Concernant l'abattage rituel (sans étourdissement préalable à l'égorgement), la vitesse de la chaîne d’abattage est inchangée par rapport à l'abattage standard (entre 50 et 60 bovins à l’heure). Cette cadence ne permet pas d’attendre le temps nécessaire à une saignée complète dans le tonneau à contention (entre 20 et 30 bovins à l'heure). Pourtant la réglementation exige que « l’immobilisation [soit] maintenue pendant la saignée. » (2)

Comme le montre clairement les images, ces deux principales violations entraînent une mort des bovins en toute conscience, suspendus par une patte à la chaîne d'abattage.

L'enquêteur a pu constater que ces infractions étaient répétées et quotidiennes.

Les mensonges de Charal

Abattage rituel de bovin chez Charal « Notre groupe a fait de la protection animale un volet central et spécifique de sa politique "Qualité", qui va au-delà des exigences actuelles et préfigure les évolutions réglementaires. » C'est ainsi que se présentait Charal dans une lettre à L214 motivant un refus de visite (3). L'enquêteur a également pu constater le changement momentané des pratiques de l'abattoir à l'occasion d'un audit mené par McKey, le fournisseur des steaks chez McDonald's.

Services vétérinaires inefficaces

Les Services vétérinaires pourtant présents en permanence dans l'abattoir ont montré leur incapacité à faire respecter la réglementation de protection des animaux. Ces constatations corroborent celles de l'Office alimentaire et vétérinaire (OAV) de la Commission européenne qui relève des défaillances récurrentes des Services vétérinaires français. Au cours de sa dernière mission (4), l'OAV a notamment pointé explicitement l'insuffisance de formation des agents officiels concernant le bien-être des animaux.

La preuve par l'image

Attention : le visionnage de cette vidéo peut être difficilement soutenable

En savoir plus

Notes

(1) Article R214-71 du Code Rural.

(2) Article R214-74 du Code Rural.

(3) Télécharger la lettre de Charal du 15 juin 2009.

(4) « Rapport d'une mission effectuée en France en vue d'évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production et la mise sur le marché de viandes de volaille et produits à base de viande de volaille », OAV, du 17 au 26 novembre 2008.

Liens

Télécharger le rapport d'enquête de L214

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L214

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