Méthanisation des océans.

Publié le par Bambou254


L’Arctique, icône du réchauffement climatique

A 10 semaines du grand sommet international sur le climat de Copenhague (7-18 décembre), où doit être conclu un nouveau pacte pour lutter contre l’effet de serre, Sciences et Avenir.com ouvre une série sur quelques grandes questions et thèmes liés au réchauffement climatique. Pour commencer : focus sur l’Arctique, le «canari de la mine».

En Arctique, le réchauffement est de 0,5°C par décennie depuis 50 ans.

En Arctique, le réchauffement est de 0,5°C par décennie depuis 50 ans.
(Ap/Sipa)
Dans les années 80, au moment où se bouclait le protocole de Montréal sur les substances destructrices de l’ozone atmosphérique, l’Antarctique était le symbole de la menace que le ‘trou’ dans la couche d’ozone faisait planer sur la Terre. L’amincissement de la couche protectrice est en effet plus marqué au-dessus du grand continent blanc. En ce début de 21ème siècle, le symbole du danger s’est déplacé au nord : aujourd’hui c’est l’Arctique qui incarne la menace liée au réchauffement climatique.

Début septembre, le chef des Nations Unies lui-même s’est rendu en Arctique pour lancer avec plus de poids son appel pressant à lutter contre le réchauffement climatique. Et tenter d’accélérer les négociations pré-Copenhague qui avancent à grand peine, laissant craindre un échec du sommet.

De fait, au-delà de la beauté des images et de leur impact sur le public, le cliché de l’ours blanc à l’étroit sur son petit morceau de banquise a du sens. Parmi les effets déjà tangibles du réchauffement climatique, beaucoup sont relevés en Arctique. Les publications scientifiques sur ce sujet s’accumulent –et le rythme s’accélère.

Fonte rapide des glaciers

Pas plus tard que cette semaine, des chercheurs britanniques ont publié dans la revue Nature un nouveau bilan de l’amincissement des glaciers du Groenland et de l’Antarctique, basé sur des millions de mesures satellite. La glace, qui se forme à l’intérieur des terres, avance de plus en plus vite vers les côtes, contribuant à une diminution des glaciers encore plus importante qu’on ne pensait, écrivent les chercheurs. Au Groenland, toutes les latitudes sont touchées par ce phénomène, qui remonte de plus en plus à l’intérieur de la calotte glaciaire. Et qui est une cause majeure de la montée du niveau des mers.

Un océan arctique sans glace en été?

Autre phénomène marquant en Arctique : la surface des glaces de mer diminue, à tel point que l’été, lorsqu’elle atteint son minimum, de nouvelles routes apparaissent. L’étendue minimale mesurée pour 2009 est de 5,1 millions de km2 : après 2007 et 2008, c’est le troisième plus bas record depuis 1979 (début des mesures satellite). Certaines modélisations climatiques prédisent un océan arctique libre de glace en été dès 2030 (lire Arctique, la débâcle a commencé). Les pays qui bordent les terres boréales visent les richesses qui, du coup, seront plus accessibles. (lire Cartographie d’un butin très convoité).

Le méthane, bombe à retardement

Le réchauffement se manifeste aussi en profondeur, au fond de l’océan arctique. Stocké dans les sédiments marins, le méthane, un puissant gaz à effet de serre, est libéré des fonds océaniques lorsque la température augmente. L’évaluation la plus récente de ce phénomène, publiée début août dans les Geophysical Research Letters, recense 250 panaches de bulles de méthane s’échappant du plancher continental et remontant vers la surface, à l'ouest du Spitzberg.

Amplification du réchauffement

La libération du méthane est la preuve que le phénomène d’amplification du réchauffement est déjà à l’œuvre en Arctique, plus tôt que prévu (lire Moins de glace et encore plus de chaleur). Plus la surface libre de glace est grande, plus la région polaire absorbe de chaleur ; plus les océans se réchauffent plus ils favorisent la fonte des glaces.

Ces changements à l’œuvre en Arctique auront des répercussions sur le reste de la planète (montée du niveau des océans, perturbation de la circulation océanique…). Localement, l’impact sur la faune et la flore est déjà visible : certaines plantes fleurissent plus tôt, d’autres se déplacent. Des espèces animales, comme le renard arctique, déclinent, tandis que d’autres étendent leur territoire, comme le renard roux (1). Les ours blancs subissent un rapide déclin de leur taux de natalité, lié à la réduction de leur espace vital… la glace.

Cécile Dumas
Sciences-et-Avenir.com

25/09/09


















Commenter cet article