APRÈS LE CANADA, L' EUROPE VEUT AUSSI REFOURGUER SON LOT DE VACCIN EXCÉDENTAIRE

Publié le par Bambou254



• Grippe A (H1N1) : la France peine à écouler ses vaccins
Laurence de Charette et Philippe Gélie
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/01/04/01016-20100104AR...


Le Qatar et l'Égypte ont déjà acheté 2,3 millions de doses. Le gouvernement en avait commandé 94 millions.
Seuls quelque 5 millions de Français se sont fait vacciner à ce jour contre la grippe A, alors que l'épidémie régresse. Même si une deuxième vague reste attendue, la France cherche d'ores et déjà à écouler ses surplus de vaccins.
Pourquoi le gouvernement veut-il désormais vendre ses stocks ?
Depuis le début novembre dernier, les autorités ont compris que le nombre de doses commandées - 94 millions pour un montant officiel de 675 millions d'euros - serait beaucoup trop important. Cette commande correspondait en effet à deux injections par personne, un schéma de vaccination abandonné par l'OMS définitivement le 20 novembre. La cellule interministérielle a alors pris la décision d'exporter ces excédents pour alléger la facture globale. «À ce moment, personne n'y voyait de difficulté», explique un membre de la cellule. Le surplus de doses risque d'être d'autant plus important qu'en France, la campagne n'a pas «pris», contrairement aux pays anglo-saxons où la population s'est massivement protégée, y compris lorsque le vaccin n'était pas gratuit. Les contrats ont été signés au début de l'été avec les laboratoires, le temps de production étant estimé à six mois. Les livraisons sont prévues jusqu'en février. Les Pays-Bas, qui avaient commandé 34 millions de doses, ont également annoncé leur intention d'en revendre 19 millions.Les ambassades vont-elles jouer le rôle de super-VRP ?
Depuis l'apparition du virus H1N1, les ambassades françaises ont pour mission de surveiller la progression de la pandémie dans le monde. Le Quai d'Orsay a acheminé près d'un million de doses de vaccin, destinées aux communautés françaises expatriées. Accessoirement, «de manière ponctuelle, lorsque des gouvernements cherchent à s'en procurer et nous sollicitent», dit-on au ministère des Affaires étrangères, les représentations françaises à l'étranger «font remonter l'information» vers le ministère de la Santé, «qui y répond». 300.000 doses ont été vendues au Qatar, 2 millions de vaccins sont en passe d'être cédés à l'Égypte. L'Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie, le Mexique seraient aussi sur les rangs. D'autres pays sont en concurrence pour leur fournir des vaccins, notamment l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse. Mais «ce n'est pas une compétition commerciale», souligne Bernard Valéro, le porte-parole du Quai d'Orsay, les vaccins étant cédés à prix coûtant et «le critère déterminant étant la disponibilité» des doses.
Combien de doses peuvent-elles être encore utilisées en France ?
L'épidémie est en phase décroissante - 400.000 cas dénombrés au cours de la dernière semaine de 2009. Mais les virologues pronostiquent une deuxième vague, vraisemblablement en février-mars. La vaccination est donc toujours recommandée. D'autant qu'elle pourrait, estiment certains spécialistes, se montrer efficace contre l'épidémie saisonnière de l'hiver prochain : le virus H1N1 - qui a cette année cannibalisé la grippe «classique» - pourrait évoluer faiblement d'ici là. «Cela a été le cas lors de la pandémie de grippe de 1968 : le virus a été quasiment le même pendant quatre ans», explique Patrick Berche, chef de service de microbiologie à l'hôpital Necker enfants malades à Paris. Plus de 20 millions de personnes seraient actuellement immunisées contre la grippe A : 5,5 millions de personnes ayant déjà été grippées, plus 5 millions de personnes vaccinées, un chiffre auquel les statisticiens ajoutent, comme dans toutes les pandémies, l'équivalent en personnes «asymptomatiques», c'est-à-dire qui contractent le virus sans être malades. Il resterait donc quelque 40 millions de personnes non protégées en France.

A-t-on dépensé «trop» contre la grippe A ?

Tous les schémas prévisionnels ont été réalisés avant l'été. À ce moment-là, l'opinion était sous le choc des nombreux décès ayant eu lieu au Mexique. «Au moment où le virus mute de l'animal à l'homme, explique Patrick Berche, il est particulièrement virulent.» Les décisions ont été guidées par le principe de précaution maximum. Le taux de mortalité par personne touchée est passé de 10% au Mexique à un peu plus de 1 pour 10 000 actuellement en France. Aujourd'hui, de nombreuses personnalités s'élèvent contre ces choix et pointent les ratés de la campagne. Le député PS Jean-Marie Le Guen a réclamé dimanche «une mission parlementaire» parlant de «fiasco». «Ce gâchis était prévisible», s'est aussi insurgé dimanche le Pr Marc Gentilini, ancien président de la Croix-Rouge française.




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Publié dans Actualité Santé

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