Clémentin : « l'ultimatum climatique est une escroquerie intellectuelle ! »

Publié le par Bambou254



[rezo-actu] Clémentin : « l'ultimatum climatique est une escroquerie intellectuelle ! »‏
De : "Réseau \"Sortir du nucléaire\"" (actu@sortirdunucleaire.fr)
Envoyé : samedi 5 décembre 2009 17:46:52
À : 0-Rezo-actu (rezo-actu@sortirdunucleaire.org)



Note du Réseau "Sortir du nucléaire"
: le Réseau rappelle qu'il n'a pas participé au "Grenelle de l'environnement" ni cautionné cette machination sarkozyste dans laquelle il était carrément... interdit de remettre en cause le nucléaire !


 
 
Marianne - Samedi 5 Décembre 2009 - Sylvain Lapoix
 


Cofondateur des Casseurs de pub, Bruno Clémentin concède que Copenhague est le premier sommet qui constate la nécessité de la décroissance, déplore l'absence d'organisme pour faire appliquer d'éventuels accords, ainsi que l'absence d'opposition, les ONG écolos ayant vendu leur crédibilité en participant au Grenelle.

 
 
Marianne2.fr : Que pensez-vous des objectifs qu'affichent les gouvernements pour le sommet de Copenhague ?
Bruno Clémentin : La principale question posée à Copenhague est celle de la réduction des gaz à effet de serre : c'est donc le premier sommet international qui constate la nécessité d'une décroissance ! Du rapport Stern aux déclarations du Premier ministre danois, l'enjeu est une prise de décision pour « décarboner » l'industrie. Comme dans toutes les réunions de ce type, les partis en présence se sont déjà mises d'accord sur ce qu'ils vont signer.
Le problème, c'est que l'ONU a beaucoup moins de moyens que les autres grands organismes internationaux pour faire appliquer quelque accord que ce soit : quand l'OMC arbitre un contentieux économique, l'Etat reconnu coupable doit se plier à sa décision. Or, à Copenhague, les Etats-Unis peuvent agir, la Chine, l'Union européenne, l'Inde... mais l'ONU lui-même n'a aucun moyen de faire appliquer les décisions pour la réduction des gaz à effet de serre. Nous pouvons nous retrouver face aux mêmes voeux pieux sans lendemain qu'à Kyoto !

« Le Grenelle n'a rien changé : toutes les réductions de CO2 sont adossées au nucléaire. »


Chantal Jouannau, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, a dit que, grâce au Grenelle, la France était déjà « Copenhague compatible ». Que pensez-vous de cette évaluation ?
Si tout ce qui avait été émis comme proposition au moment du Grenelle avait été mis en place, nous serions peut-être « Copenhague compatible ». Mais rien n'a changé : toutes les réductions de CO2 sont adossées au nucléaire. Les problématiques clés que sont le transport, l'aviation civile et le chauffage des habitats tertiaires n'ont même pas été évoquées. Certes, la récession économique a fait reculer 2 à 4 points de consommation énergétique... Nous sommes loin d'avoir basculé dans l'économie soutenable. Mais si, malgré ça, la France est « Copenhague compatible », alors on peut déjà dire que Copenhague sera un échec !


De nombreuses ONG écologistes (Greenpeace, WWF, Les amis de la Terre) ont lancé un « ultimatum climatique » pour inciter les politiques à agir au sommet de Copenhague « avant qu'il ne soit trop tard ». Que pensez-vous de cette campagne ?
L'ultimatum climatique est une escroquerie intellectuelle ! Faire croire aux gens qu'une décision suffira à arrêter la dégradation de nos conditions de vie, c'est raconter au grand public des histoires pour les petits enfants ! Il n'y a pas une année où il faut s'arrêter : il faut repenser tout notre mode de vie et durablement.
 

« Comment les ONG environnementales peuvent-elles critiquer Sarkozy après avoir participé au Grenelle ? »

Greenpeace a fait une pétition qui a recueilli 500000 signatures : moins que le référendum sur l'avenir de La Poste ! S'ils avaient réussi à convaincre que Copenhague était un vrai enjeu planétaire, il aurait dû y en avoir un peu plus ! Le problème, c'est que, depuis le Grenelle, il n'y a plus d'opposition structurée. Malheureusement, c'est Nicolas Sarkozy qui a fait le Grenelle, décrédibilisant la gauche et les Verts, et qui a réussi à y intégrer l'opposition que pouvaient constituer les ONG environnementales. Comment critiquer une initiative à laquelle ils ont participé de leur plein gré ? De ce point de vue, le rapport GIEC amène un élément d'une valeur incontestable dans le débat : un constat qu'il faut rejeter moins de CO2.
 

Ce rapport est vivement critiqué ces derniers temps : les « climatosceptiques » tendent à nier ce constat que vous évoquez. Que pensez-vous de ce « climategate » ?
La plupart des scientifiques climatosceptiques (si on fait exception de Claude Allègre) nient le caractère anthropologique du réchauffement climatique, pas le fait même. Ils ne veulent pas qu'on intervienne car ils sont dans des pays du Nord ou dans des entreprises qui bénéficieraient grandement de la fonte des pôles. Si la route du Nord entre le Groënland, le Canada, l'Alaska, la Chine et la Sibérie s'ouvrait, imaginez l'aubaine économique : des mines de métaux rares, des gisements de pétrole... Or, à côté de ça, nous aurions 300 à 500 millions de réfugiés climatiques.

Si Copenhague n'a pas les outils pour réussir, quelles alternatives seraient selon vous vraiment efficace ?
Le problème est le suivant : comment basculer d'un monde qui doit sa richesse aux énergies fossiles à un système qui s'en prive ? Il est beaucoup plus facile d'être le premier pays à arrêter la fabrication d'armes nucléaires que d'être le premier à décréter la fin de l'agriculture chimique ou de l'hyperdistribution. Si, demain, Nicolas Sarkozy dans un éclair de lucidité déclarait l'interdiction de la voiture individuelle, il serait pendu haut et court mais pas par les constructeurs : par les classes moyennes !
Pour vraiment progresser, il faudrait que les gouvernements acceptent de passer à un stade supérieur en créant un équivalent de l'OMC qui puisse imposer des règles sur la limitation des émissions de CO2. Les enjeux écologiques dépassent le clivage droite gauche : en le sortant de la compétition nationale pour le mettre aux mains d'une structure supraétatique, tout le monde devrait s'aligner sur une décroissance des rejets. L'étape supérieure, c'est ce qu'initient les Britanniques avec le rationnement : ils évaluent leurs stocks par période et le nombre de personnes entre lesquelles ils ont à les distribuer et font la division. Mais si personne n'est là pour répartir les parts, chacun se sert n'importe comment. Le problème, c'est notre manque d'intellectuels pour porter ces considérations.


Comment expliquez-vous la faiblesse de cette « opposition écologique » aujourd'hui ?
Nous sommes très peu au départ à nous être intéressés à ce domaine. Toute la classe intellectuelle s'est jetée dans le marxisme, ainsi que les artistes. Très peu de penseurs se sont penchés sur l'écologie. Et ce n'est pas Brad Pitt et son 4x4 écolo qui vont aider à faire passer le message. Résultat, nous n'avons pas d'outils intellectuels, ni d'outil de gouvernement et, surtout, nous n'avons pas d'indicateurs pour montrer qu'il y a un autre modèle.
 
Ni le WWF, ni Greenpeace, ni les Amis de la Terre ne sont à même remettre en cause un système qui les finance ! Ce ne sont pas des mouvements émanant de la multitude des pauvres qui remettraient en cause le productivisme. Aujourd'hui, à la pointe de ce constat, on a le rapport Stern qui nous dit qu'il faut une industrie décarbonée mais qui continue de produire de la croissance pour réduire les inégalités qu'elle créé : ça fait rigoler !




Publié dans Actualité Nucléaire

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David C. 11/12/2009 11:13


lol désolé !


David C. 07/12/2009 04:49








Bambou254 07/12/2009 09:02


C'est le com le plus transparent que j'ai jamais eu ......