Commentaire de Laurence sur les nanotechnologies, sur le groupe Cocipe sur Planète Attitude

Publié le par Bambou254


Source : http://www.planete-attitude.fr/group/cocipe?commentId=2375131%3AComment%3A283297&xg_source=msg_com_group


Commentaire par Laurence

Les nanotechnologies, Vous connaissez ?

Vous êtes, peut-être sans savoir que se déroule jusqu'à mi février un « débat public National » sur les nanotechnologies. En effet,la couverture médiatique s'étant réduite à un mouchoir de poche, il n'est pas évident que l'information vous soit parvenue. (NDLR : pour voir le débat en direct : http://debatpublic-nano.org/retransmission_video.html )

Après plusieurs réunions publiques houleuses, l’annulation des réunions de Lille et de Grenoble, et un début de réunion perturbé à Rennes le 7 janvier dernier, les organisateurs ont décidé de se retrancher dans un débat public «virtuel». C'est maintenant, un débat «public» sans public, une parodie de démocratie. Ces rencontres resteront donc, des discussions d’experts qui veulent faire prévaloir leur point de vue, vision partisane qui aux yeux des citoyens n’a aucune justification, ni légitimité pour représenter l’intérêt général. Il y aurait beaucoup à redire sur l’organisation et la forme de ce débat, le résultat étant que de nombreuses questions restent malheureusement sans réponses.

En 2006, l'effort mondial (industriel et institutionnel) pour les nanotechnologies a été estimé a 10,5 Milliards de Dollars, avec un taux de croissance annuelle de 40%, alors, que la recherche sur les risques ne représente que 4% du budget.

Le groupe de consultants Helmut Kaiser prévoit que le recours aux nanotechnologies concernera, d'ici 2015, 40% des aliments industriels.

L'enjeu des nanotechnologies n'est pas seulement économique , mais aussi militaire; c'est pourquoi la direction générale pour l'armement co-finance certains programmes de recherche en nanotechnologie, et participe au choix de certains sujets de thèse. Le but affiché, étant d'augmenter sa puissance et de créer des soldats aux capacités surhumaines. Dans un premier temps, grace à des uniformes « intelligents ».Cela laisse place à tous les scénarios envisageables...


Des milliers de tonnes de nanoparticules sont produites tous les ans, au mépris du principe de précaution. La toxicité de certaines sont reconnue depuis longtemps(Les nanotubes de carbone ont des effets similaires à ceux de l'amiante-(études Américaine, Japonaise et Anglaise -2008). Infiniment petites, les nanoparticules peuvent traverser sans problèmes les barrières biologiques.

Ce qui peut être intéressant pour délivrer un médicament, mais la même propriété rend dangereuse d’autres nanoparticules qui peuvent, elles aussi, pénétrer dans les cellules, voire le noyau et y endommager l’ADN, comme cela a été constaté in vitro.

La transformation de la matière, la création de systèmes ou de particules à l’échelle nanométrique, leur confère des propriétés différentes que ce soient les caractéristiques physiques(domaine de la physique quantique), la réactivité chimique et biologique (augmentation du stress oxydant,la toxicité, le comportement catalytique, électrique…)

Les nanomatériaux ont des propriétés et des comportements si divers, qu’il est impossible de fournir une évaluation générale des risques qu’ils posent pour l’environnement et la santé (Maynard 2006). La forme, la charge et la taille des différentes particules peuvent influencer leur cinétique (absorption, distribution, métabolisme et expulsion) et leurs propriétés toxiques (Hagens et al. 2007).C’est pour cette raison que même des nanomatériaux de même composition chimique, mais de tailles différentes peuvent avoir des différences énormes de toxicité (Sayes et al. 2006).


L'aberration est qu'il n'y a aucun cadre juridique fixant des normes ou des règles, et peu d'études sur la toxicité. En 2003, l’association des scientifiques ETC Group a demandé un moratoire pour la production et la libération des nanomatériaux, afin de permettre un débat public et mettre en place des régulations qui protègent à la fois consommateurs, employés et environnement.

En 2004, la Société Royale britannique et l’Académie Royale britannique de l’Ingénierie ont publié un rapport, afin de demander une plus forte régulation de la nanotechnologie et proposer leurs recommandations:« les ingrédients sous forme de nanoparticules doivent être soumis à un examen complet de toxicité par les services concernés, avant qu'ils ne soient autorisés à être utilisés dans des produits » (section 8.3.3:paragraphe 23-24). Sept années se sont écoulées, de nombreux rapports conseillant prudence et encadrement restent au fond des disques durs; bafouant impunément, le droit à l'information ,essentiel dans une démocratie.

En 2010,il n'y a toujours aucune obligation pour les fabricants de mener des tests de toxicité des nano-ingrédients, avant leur diffusion dans la chaîne alimentaire ou l'environnement. La société civile se posera-t-elle un jour quelques questions sur la finalité de ces recherches et des raisons pour lesquelles les pouvoirs publics ne tiennent pas à rendre anxiogène la nanotechnologie. Eh! Oui .. il ne faudrait pas rebuter les Français, «la fabrique du consentement» n'avait pas fonctionné pour les OGM et une information trop détaillée apporte la suspicion du public. Ce n'est pas bon pour les affaires!


Cependant, plus de 10 000 ouvriers seraient exposés, en mettant au point les 2000 produits issus des nanotechnologies; sous forme d'emballages alimentaire, produits de désinfection,vêtements, appareils électroménager, pneus, vélos, raquettes, cosmétiques, écrans solaires, vernis, peintures, produits de finition, processeurs, mug pour enfant, voitures..;

Sont-Ils Informés de leurs manipulations dangereuses de nanotubes de carbone, nano-zinc, dioxyde de Titane, Nanoargent, Nanoargile,... ?


Présentes aussi dans l'agriculture, les nanotechnologies ouvrent la voie à de nouvelles générations de pesticides, potentiellement plus dangereux que ceux fabriqués auparavant par les Géants de l'agro- Business. Toutes leurs palettes de produits ,déjà colorées d'OGM et de chimie de synthèse devraient se teindre progressivement de nanosciences.

En ce qui concerne les consommateurs, ils sont dans le «brouillard nanométrique» , ignorant la présence de «ces Nano-choses invisibles » dans leur consommation courante ?D'ailleurs, ils ne peuvent choisir d'en consommer ou pas, car aucun étiquetage n'est obligatoire.

Du côté des scientifiques, ils se retrouvent à un carrefour de savoirs technologiques :le B.A.N.G (bit+atome+neurones+gênes) D'applications industrielles à la recherche fondamentale, cette néo-sciences leur permet d’intervenir au niveau de la manipulation des gènes. Jusqu’à maintenant, le génie génétique consistait essentiellement à reconnaître les gènes dans un génome, à les séquencer et à procéder à de grossières manipulations en procédant par «coupé-collé». Aujourd'hui, certains chercheurs sont en train de passer de la lecture du code génétique, aux premiers stades de son écriture. Ils fabriquent de l’ADN, «lettre» par «lettre» et commencent à écrire des phrases, des «lettres» qui n’ont jamais existé dans la nature et à les combiner dans de nouveaux «systèmes génétiques».

Alors tous les délires sont permis: en juin 2006, «The Guardian» annonçait qu’un de ses journalistes avait commandé, auprès d’une compagnie commerciale anglaise un fragment d’ADN synthétique du virus de la variole et qu’il l’avait reçu directement à son domicile. Craig Venter a breveté une bactérie avec un matériel génétique minimum, un génome synthétisé – du doux nom de Microplasma Laboratorium – organisme qui doit servir de «chassis» pour recevoir du matériel génétique synthétisé sur mesure, pour accomplir certaines tâches comme la fabrication de médicaments ou de produits chimiques.


Cette «évolution» technologique entraine également des problèmes économiques liés à la privatisation de la matière (inerte, vivante ou mixte) par les centaines de brevets déposés et ceux à venir. Ainsi, qu'un risque d'atteintes aux libertés avec le développement de puces RFID pouvant servir au contrôle social. Ce sont des nanopuces permettant de stocker des informations , lues à distance (en cours: l'internet des objets- en projet: la carte-pucée d'identité Française)

Beaucoup de promesses bienveillantes sur les nanotechnologies. Mais, le développement trop rapide de certaines technologies, sans contrôle et études rigoureuses montrent les défaillances des institutions, sensées réguler la société, et justement lui donner un sens. Le passé devrait , un jour, servir à anticiper les problèmes éventuels que nous provoquerons.

Dans les faits, la considération des impacts environnementaux a été, et restent ignorée. Ces erreurs sont coûteuses pour l'humanité et la biosphère. Quelques cas a toxicité avérée :DDT, Amiante, Métaux lourds, Pétrole, Charbon, Pesticides, Radioactivité ... Suite à ces enseignements, la perspective environnementale doit être introduite pour que la recherche en nanotechnologie soit compatible avec une réelle évolution humaine, sans compromettre la santé et l'environnement. Et, qu'elle participe à restaurer un équilibre écologique.


Après le miracle des OGM agricoles qui devaient lutter contre la faim dans le monde et baisser la consommation de pesticides, voici le mirage des «Nanos» qui doivent résoudre tous les problèmes. Dans les faits, la technologie a dans sa grande majorité contribué, a enchaîner davantage l'humain et contraindre la nature à tout prix. Ce n'est qu'une question d'intentions( bonnes ou mauvaises) et de décisions éclairées qui peuvent changer «la donne». Quelles sont les véritables intentions ?


Malgré les promesses et les faux-discours; la faim dans le monde a augmenté (un milliard d'humains affamés), tandis que la propagation de polluants divers stérilise les sols peu à peu, asphyxie les océans (entre autre le phytoplancton fournissant 70% de l'oxygène terrestre). La consommation de pesticides explose dans le monde, et les taux de cancers et de maladies neurodégénératives en font de même, contrastant avec la baisse dramatique de la biodiversité et de la fertilité sur Terre.


Devant ce constat, la logique voudrait que l'on développe l'agriculture biologique et les circuits courts, mais les Nanos proposent l'inverse en promouvant l'agriculture chimique et le transport des aliments sur de lon-gues distances. Incohérent! ..L' omerta demeure au grand profit de certains, mais au détriment de tous.

Voulez-vous d'un monde artificiel, interconnecté par nanopuces bio-intégrées,d'une techno-nature sous commande ?

Sommes nous prêts à perdre notre part d'humanité et de liberté?

Serons-nous condamnés à soigner nanotechnologiquement des cancers produits par ces mêmes technologies ?


Il nous est encore possible de choisir et d'appeler une technologie au service de l'humanité et au rétablissement d'un équilibre biologique de notre écosystème. Un moratoire encadrant les nanotechnologies est essentiel !


L .M.(29-01-10)

Sources: www.amisdelaterre.org -sciencescitoyennes.org -www.piecesetmaindoeuvre.com - www.vivagora.org - www.lesilencedesnanos.com- «L'âge de faire» (03-2009)- rapport Afssa nanos (03-2009)




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