Des barrages géants menacent les Indiens isolés d'Amazonie ... encore et encore, l'exploitation des peuples les plus faibles ....

Publié le par Bambou254

 

 

 

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Piraha.jpgLes Pirahâ sont l'un des groupes indiens qui seront affectés par les barrages de la Madeira.
© Survival

Deux méga-barrages – San Antônio et Jirau –, en cours de construction sur la rivière Madeira en Amazonie brésilienne, mettent en danger la vie de plusieurs groupes d'Indiens qui, en raison de leur isolement, ne sont pas informés des menaces qui pèsent sur leur territoire.

Plusieurs méga-barrages sont planifiés dans le cadre du 'Programme de croissance accélérée' du Brésil visant à stimuler la croissance économique du pays par la construction de gigantesques infrastructures telles que routes et barrages, principalement en Amazonie. La construction initiale a commencé en 2008. Le barrage de Santo Antônio est supposé entrer en service en 2011 et celui de Jirau en 2012.
L'ampleur de ces projets menace de détruire d'immenses territoires sur lesquels de nombreux groupes indiens, y compris des Indiens isolés extrêmement vulnérables, dépendent pour leur survie.

Les barrages de Santo Antônio et Jirau, d'un coût estimé à 15 milliards de dollars, en cours de construction sur la rivière Madeira dans la partie ouest de l'Amazonie brésilienne, en sont des exemples frappants. Ce vaste projet hydroélectrique nécessitera l'ouverture de nouvelles routes qui provoqueront un afflux massif de colons et la destruction des forêts où vivent ces Indiens.

Une récente expédition organisée par la FUNAI, le département des affaires indigènes du gouvernement brésilien, a confirmé qu'au moins quatre groupes d'Indiens isolés, dont les Mujica Nava et les Jacareuba/Katawixi, vivent et chassent dans la région affectée par les barrages.

De plus, les colons propageront des maladies telles que la grippe et la rougeole contre lesquelles les Indiens ont très peu d'immunité. Toute forme de contact avec les Indiens isolésest extrêmement dangereuse et peut entraîner la disparition de nombre d'entre eux, comme cela est déjà arrivé lors de premiers contacts antérieurs.

Le rapport de la FUNAI indique que le tumulte provoqué par la construction du barrage a déjà probablement fait fuir certains Indiens isolés qui se sont réfugiés dans une zone occupée par des orpailleurs illégaux où paludisme et hépatite sont déjà très répandus.

Les barrages menacent non seulement les Indiens isolés, mais également de nombreux autres Indiens vivant dans la région qui n'ont pas été dûment et préalablement consultés. Domingo Parintintin de la tribu parintintin qui sera directement affectée par le barrage déplore : « Notre territoire est encore vierge. Nous espérons que ce projet sera interdit, car ce sont nos enfants qui en subiront les conséquences. Ils n'auront plus assez de poissons, plus assez de gibier pour s'alimenter ».

C'est la compagnie française GDF-Suez, détenue en partie par le gouvernement français, qui est chargée de la construction du barrage de Jirau. Une coalition d'ONG, dont Survival, Kaninde (Brésil), Amigos da Terra-Amazônia Brasileira,  International Rivers et Amazon Watch (Etats-Unis) ont interpellé les autorités brésiliennes et GDF Suez les appelant à suspendre ces projets tant qu'ils menaceront la survie des Indiens isolés.

Lors de l'assemblée générale de GDF-Suez qui a eu lieu le 3 mai dernier, une actionnaire a interrogé son président, Gérard Mestrallet, sur les dispositions que sa compagnie comptait prendre à l'égard des Indiens isolés vivant à proximité du barrage de Jirau. Celui-ci lui a répondu "Nous avons un dialogue très direct avec le président Lula sur ces barrages. [Il] est déjà venu à deux reprises sur le chantier de Jirau pour appuyer ce chantier et il me paraît extrêmement bien placé pour savoir ce qui est bien pour la population brésilienne et pour prendre en compte au plus près la préservation des populations d'Indiens isolés de l'Amazonie".

Pourtant, Megaron Txucarramãe, porte-parole kayapo, a récemment déclaré : "Avec 
la construction de ce barrage, Lula est devenu l'ennemi numéro 
un des Indiens".

Jean-Marie G. Le Clézio, prix Nobel de littérature et membre du Comité d'honneur de Survival qui s'est associé au mouvement mondial de protestation contre ces barrages, a déploré : "Un projet aussi monstrueux ne peut trouver aucune justification, lorsqu'il détruit l'équilibre écologique et le mode de vie des riverains des fleuves concernés".

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré le 19 mai 2010 : "Si la construction des barrages de Jirau et Santo Antônio n'est pas suspendue, le gouvernement brésilien portera la responsabilité de la destruction des territoires et des ressources de nombreux Indiens et de la probable disparition de ceux qui vivent dans l'isolement".

Auteur

Survival International

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