Le méthane s'échappe de l'océan Arctique plus rapidement que prévu

Publié le par Bambou254







Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/nature/20100305.OBS8828/le_methane_sechappe_de_locean_arctique_plus_rapidement_.html


NOUVELOBS.COM | 05.03.2010 | 12:22

Les quantités de méthane qui se dégagent du pergélisol sous-marin de l'océan Arctique dans l'atmosphère sont comparables à celles que l'on
estime libérées par l'ensemble des océans annoncent des scientifiques.

La surface de la mer au-dessus du plateau Est de l'Arctique sibérien où de grosses bulles de méthane remontent à la surface. Photo Igor Semiletov, University of Alaska Fairbanks

La surface de la mer au-dessus du plateau Est de l'Arctique sibérien où de grosses bulles de méthane remontent à la surface. Photo Igor Semiletov,
University of Alaska Fairbanks

Des scientifiques américains, russes et suédois lancent un avertissement
dans la revue Science : l’océan Arctique est en train de relarguer des
quantités importantes de méthane à des niveaux insoupçonnés, ce qui
pourrait aggraver le réchauffement climatique dans cette zone et créer
ainsi une boucle de rétroaction positive avec un échappement encore
plus important de méthane. Ce gaz provient du pergélisol marin, cette
portion de sol qui n’a jamais dégelé depuis la dernière glaciation qui
s’est terminée il y a 10 000 ans, et non terrestre qui est lui aussi
une source de méthane.

Or le méthane, même s'il se dégrade assez rapidement en CO2, présente
un forçage radiatif supérieur et donc un potentiel de réchauffement
global accru. Un accroissement du méthane atmosphérique aura donc pour
effet d’amplifier le réchauffement et d’accélérer la fonte du sous-sol
gelé. Le danger sera alors d’enclencher un cycle qui conduira à une
augmentation spectaculaire des rejets de méthane dans l’atmosphère. En
effet dans le sol libéré des glaces, la vie bactérienne va redémarrer,
accélérant son réchauffement par la chaleur qu’elle produit, et
provoquant l’émission de quantités supplémentaires de CO2 et de CH4, et
donc, là aussi une accélération du réchauffement.

Les chercheurs appuient leur découverte sur une campagne d’observation
et de prélèvements qui a lieu entre 2003 et 2008 en mer de Sibérie
orientale. Après avoir effectué plus de 5 000 mesures contraignantes en
mer, les chercheurs rapportent que 80 pour cent de l'eau des fonds et
plus de 50 pour cent de celles en surface du plateau continental sont
sursaturées en méthane provenant du pergélisol sous-jacent. Comme le
flux de méthane issu du plateau continental est-sibérien semble égaler
celui estimé de tous les océans réunis, les chercheurs demandent à ce
que leurs données soient prises en compte immédiatement pour évaluer
dans quelle mesure le climat pourrait bientôt se réchauffer en
Arctique.

J.I.
Sciences-et-Avenir.com

05/03/2010

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