«Les aiguilles de votre montre sont peut-être radioactives»

Publié le par Bambou254


De : "Réseau \"Sortir du nucléaire\"" (actu@sortirdunucleaire.fr)
Envoyé : jeudi 19 novembre 2009 17:01:48




Libération.fr -19/11/2009

«Les aiguilles de votre montre sont peut-être radioactives»

INTERVIEW

Corinne Castanier, directrice de l'association Criirad, se mobilise pour obtenir le retrait d'un arrêté récent, permettant aux industriels d'ajouter, sous conditions, des substances faiblement radioactives dans les biens de consommation courante.


Des montres, des réveils et des chaises en plastique radioactif. Autour de nous, certains produits de la vie courante contiennent des matières faiblement radioactives et donc potentiellement dangereuses pour la santé. La Criirad (commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) se bat depuis des années pour y mettre fin: après avoir obtenu une interdiction en 2002, voilà qu'une nouvelle brèche dans la législation permet aux industriels d'obtenir des dérogations... Remontée et déterminée, Corinne Castanier, la directrice de la Criirad, appelle à une mobilisation générale. Entretien.

Beaucoup de produits contiennent des substances radioactives ?

Oui, on en trouve un peu partout. Le tritium, hydrogène radioactif, a longtemps été utilisé pour rendre fluorescentes les aiguilles des montres ou des réveils. Ou pour remplacer les piles. Sur les toits, on en trouve aussi dans les paratonnerres et parafoudres. Tout comme dans les panneaux éclairés «exit» ou dans les quelque 7 millions de détecteurs de fumées commercialisés avant 2002. Il y en a aussi parfois dans le ciment utilisé pour construire les maisons, dans la laine de verre ou même le plastique des chaises de la salle à manger. On en a repéré également dans certains carrelages de cuisine: la matière radioactive colore les pigments et donne de beaux orangés !

Connaît-on les risques pour la santé ?

On sait que l'exposition aux rayonnements ionisants augmente les risques de cancer et de transmission de maladie génétique. Entendons-nous bien, on parle de pourcentage faible, de l'ordre de 2 à 3%. Il n'est pas question de paniquer les gens, mais de soulever un problème sanitaire et environnemental. Il ne faut plus mettre de substances radioactives dans les objets.

D'où viennent ces matières radioactives ? Comment atterrissent-elles dans le ciment ou dans les montres ?

Bien évidemment, les matières hautement radioactives sont traitées et stockées selon des procédures très strictes. Mais quand on démantèle une centrale nucléaire, on récupère aussi des matériaux dit faiblement radioactifs. Se pose alors la question: qu'est-ce qu'on en fait ? L'industriel a tout intérêt à valoriser cette matière, en la revendant à une fonderie par exemple plutôt que de payer pour le stockage. Les enjeux économiques sont très importants. On ne parle pas là de quelques tonnes de matériaux mais de quantités colossales. Pour vous donner une idée, pour un seul réacteur de 1000 mégawatts, on récupère 15.000 tonnes de métal, dont la moitié est recyclable.

Aucune réglementation n'existe pour encadrer cette utilisation ?

Si, justement, et on s'est énormément battu pour ça. Après de multiples va-et-vient dans les différents ministères, on a obtenu en 2002 des garanties, inscrites au code de la Santé publique. D'abord, l'interdiction pure et simple pour les industriels de rajouter des matières radioactives dans les biens de consommation courante. Une satisfaction surtout quand on sait que ces utilisations sont souvent gadgets, comme les aiguilles fluorescentes de la montre.

Deuxième interdiction: lors du démantèlement d'une centrale, les matières faiblement radioactives ne peuvent être recyclées que pour une autre installation nucléaire. Pour construire un autre réacteur par exemple... L'idée, c'est avant tout d'empêcher l'éparpillement de la matière radioactive dans le domaine public. On perd alors toute traçabilité, tout moyen de contrôle.

Vous avez obtenu des garanties. Pourquoi êtes-vous inquiète ?

L'arrêté interministériel du 5 mai 2009 ouvre une brèche, en définissant une procédure de dérogation à l'interdiction. Les industriels peuvent désormais déposer un dossier pour être autorisés à exploiter de la matière radioactive... comme avant! Surtout que les conditions sont extrêmement laxistes.

Cinq domaines sont malgré tout exclus des dérogations. Je cite: l'alimentation, les cosmétiques, les bijoux, les jouets et les emballages d'eau et d'aliments.

Encore heureux ! Il ne manquerait plus qu'on se retrouve avec des matières radioactives dans nos assiettes ou dans les jouets. Mais cette protection n'est pas suffisante, elle ne garantit rien.

Imaginons qu'une installation nucléaire Areva soit démantelée. Des métaux sont alors revendus à une fonderie qui fournit un fabricant de tracteurs. Jusque là, pas de problème. Mais au bout de 20 ans quand ces machines finiront à la casse, qui peut garantir qu'elles ne seront pas recyclées et réutilisées dans une industrie de jouets ? La matière radioactive a une période de vie extrêmement longue. Il faut 1600 ans pour diminuer son activité de moitié seulement...

Que demandez-vous ?

Le retrait de cet arrêté du 5 mai. On a déposé un recours en ce sens devant le Conseil d'Etat. Dans l'idéal, on souhaiterait le retour à une interdiction pure et simple. A défaut, il faut que les conditions de dérogation soient très strictes. Par exemple, pour les pacemaker, l'utilisation de matières radioactives, à la place de piles à durée de vie limitée, se justifie. Mais, dans la plupart des cas, le recours à ces matériaux est superflu, guidé par les intérêts économiques des industriels.

 

 

 

 

 

Publié dans Actualité Nucléaire

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lali 19/11/2009 22:14


Et bein alors, je suis trés surprise et encore une fois je ne savais pas du tout
C'est tout bonnement incroyable et je ne sais pas tout


Bambou254 20/11/2009 10:58


Eh oui, Lali, notre vie et notre santé ne vaut que dalle devant les impératifs économiques de nos chers dirigeants. C'est ce que je m'efforce de dénoncer dans ce blog. A tout niveau, on nous ment,
on nous exploite, on nous teste (mais oui, vaccinons les gens et voyons comment tout ça réagit...), on nous "statistique.... ON NOUS MANIPULE. Nos destins ne sont en rien dans nos main , mais bien
dans celles de ceux à qui nous nous en remettons aveuglément, leur cédant jusqu'à nos droits en votant pour qu'ils prennent nos décisions à notre place....

Notre santé est en grand danger face au nucléaire, OGM, ondes magnétiques dégagées par les GSM, entre autre.... Mais aussi , notre alimentation n'est pas saine : pesticides, OGM, je me répète,
additifs alimentaires (tu serais surprises, beaucoup sont douteux, voir dangereux, mais amis...), même les médicaments qu'on nous fourgue ne sont pas nets (combien n'ont-ils pas été autorisés 10
ans ou plus pour finalement être retirés du marché, ... après avoir fait leur preuves à l'échelle de la population, bien sûr...: nous ne sommes que des cobayes, des pions, on peut franchement le
voir ainsi !! ) On le sait, c'est prouvé et reprouvé, des Organisations Non Gouvernementales luttent de toute leur force contre cet état de fait, au su et au vu de tous, ... et on ne réagit pas
plus que cela.....

Mais cet article en est une preuve éclatantes !! C'est tellement énorme !!! De la radioactivité dans nos matériaux de construction !!!!

Une des phrases que je mets dans la colonne de droite de ma page d'accueil:
"Plus le mensonge est gros, plus il passe"
(Goebbels, ancien chef de la propagande Nazi)

Apprécie à sa juste valeur, Lali : ancien chef de PROPAGANDE NAZI....