Les clés pour comprendre le sommet de Copenhague

Publié le par Bambou254



NOUVELOBS.COM | 20.11.2009 | 11:36

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/environnement/le_sommet_de_copenhague/20091103.OBS6700/les_cles_pour_comprendre_le_sommet_de_copenhague.html


Le sommet de Copenhague, qui se tient du 7 au 18 décembre 2009 sousl'égide de l'Onu, vise à trouver un compromis à l'échelle mondiale pour lutter contre le réchauffement climatique. L'accord de Copenhague devra entrer en vigueur le 1er janvier 2013, à expiration des premiers engagements du protocole de Kyoto.

Qui sera présent ?


- Les représentants des gouvernements des 192 pays ayant ratifié la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.
- Les représentants des Etats observateurs
- Les organisations et observateurs accrédités

Les enjeux


Pour les pays riches
: il leur est demandé de s'engager sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à moyen terme, ainsi que sur un montant - et un système de gestion - de "l'argent du climat" (en milliards de dollars/an d'ici à 2020), nécessaire pour transformer le fonctionnement énergétique des économies et soutenir l'adaptation des pays pauvres.
Pour les grands pays en développement : ils devront indiquer comment ils comptent atténuer la croissance de leur propres émissions, en pleine expansion, et traduire ces engagements dans un accord international, sur lequel devrait déboucher la conférence de Copenhague.

Quels sont les objectifs affichés en matière de réduction des gaz à effet de serre ?


La position commune de l'Union européenne est de réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20% d'ici 2020, et de 30% si un accord international ambitieux peut être trouvé.
Les Européens soutiennent également l'objectif de réduire les émissions mondiales de 80 à 95% d'ici 2050, sans fixer de contrainte, dans le but de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés.
L'UE souhaite en outre une réduction de 20% par rapport à 2005 pour les émissions des navires et de 10% pour celles des avions. Les deux secteurs d'activité n'étaient jusqu'alors pas concernés, alors qu'ils constituent à eux deux 8% des émissions mondiales.
L'UE demande par ailleurs une réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts primaires dans les pays en voie de développement. Elle souhaite également leur préservation et leur gestion durable afin de renforcer leur rôle de puits de carbone.  Les forêts des pays développés ou en transition comme la Russie, la Chine et l'Inde, doivent également être concernées, en "tenant compte de leur âge".
Les deux principaux pollueurs, la Chine et les Etats-Unis, n'ont pas encore arrêté leurs objectifs quant aux émissions de gaz à effet de serre.
La Chine s'est pour l'instant engagée à réduire la croissance des émissions de CO2 de son pays par point de PIB "de façon notable" d'ici à 2020, sans précisions chiffrées.
Le Sénat américain mène quant à lui des discussions sur un projet de loi démocrate qui affiche un objectif de réduction des gaz à effets de serre de 20% d'ici à 2020, mais par rapport aux niveaux de 2005.
La Corée du Sud a annoncé qu'elle réduirait ses émissions de gaz à effet de serre, promettant de diminuer de 4% sa production de gaz carbonique et d'autres polluants en 2020, sur la base des chiffres de 2005.
Les autres pays d'Asie-Pacifique, qui sont parmi les plus gros pollueurs de la planète, ont de leur côté refusé de se fixer des objectifs contraignants avant le sommet sur le climat.
Le gouvernement brésilien
prendra pour sa part "l'engagement volontaire" de réduire jusqu'à 39% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport aux prévisions de 2020.
La Russie a revu en hausse son objectif de réduction de ses émissions, à entre 20 et 25% d'ici 2020 par rapport à 1990, contre 15% jusqu'ici.

Quel financement est prévu pour aider les pays pauvres ?


Concernant l'aide nécessaire aux pays pauvres, les dirigeants européens ont fixé l'objectif mondial d'une l'enveloppe de 100 milliards d'euros par an d'ici 2020. Dont une partie importante, évaluée entre 22 et 50 milliards, devra être financée par les pouvoirs publics. Ils n'ont cependant pas chiffré la contribution européenne.

Bras de fer pays riches/pays émergents


Les négociations préparant la conférence de Copenhague achoppent notamment en raison des désaccords qui subsistent entre les pays riches et les pays émergents. Le principal bras de fer est celui qui oppose les Etats-Unis à la Chine.
La Chine est devenue le premier émetteur de dioxyde de carbone (CO2) de la planète, surpassant les Etats-Unis qui restent toutefois le numéro un par habitant. Chine et Etats-Unis, deux gros consommateurs de charbon pour produire leur électricité, comptent pour plus de 40% des émissions mondiales de CO2.
Or, les Américains et les Chinois refusent toute contrainte en matière de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Les Etats-Unis estiment en outre que les grands pays émergents, à commencer par la Chine, doivent être astreints aux même règles que les pays riches. Les Chinois (et les pays émergents en général) considèrent, à l'inverse, que les pays riches, et notamment les Etats-Unis, doivent prendre des engagements supérieurs du fait de leur responsabilité "historique" dans le réchauffement climatique et soutenir financièrement les pays en développement dans ce domaine.

Que restera-t-il de Kyoto après Copenhague ?


L'un des enjeux centraux de la conférence de Copenhague est de renouveler - et surtout de renforcer - les engagements contraignants souscrits à Kyoto pour la période 2008-2012.
Conclu en décembre 1997, le protocole de Kyoto impose aux 37 pays industrialisés qui l'ont ratifié et à l'UE de réduire leurs émissions de six substances responsables du réchauffement, au premier rang desquels le CO2.
Les pays en développement, Chine et Inde en tête, qui en sont exonérés, tiennent à ce protocole qui fait la différence entre les responsabilités et les engagements, d'un côté des pays du nord, qui ont une responsabilité "historique" dans l'accumulation de CO2 dans l'atmosphère, et de l'autre le reste de la planète.
Mais les Etats-Unis et plusieurs autres pays - Australie et Canada notamment - souhaitent tourner la page de Kyoto.
L'UE martèle pour sa part son attachement aux acquis de Kyoto, tout en soulignant la nécessité de trouver un moyen d'intégrer les Américains, qui ont signé mais jamais ratifié le protocole.

(Nouvelobs.com)







Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article