Les organismes présents dans le sol aident à augmenter la productivité et le rendement des cultures

Publié le par Bambou254

 

 

Source : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2390.php

sol.jpg© World Agroforestry

Les bactéries[1] et les champignons vivant dans le sol peuvent être utilisés pour augmenter les rendements des cultures de plus de 50 pour cent sans aucun engrais. Ce sont là les trouvailles d'un projet de recherche internationale a trouvé.

Des scientifiques issus de sept pays ont découvert que la présence de ces organismes combinée avec des engrais, peut faire doubler les rendements des principales cultures tel que le haricot.

Ces conclusions sont le résultat d'un effort international visant à percer les mystères de ce qu'on appelle communément "la biodiversité du sous-sol". Elles sont susceptibles d'avoir des implications très importantes en ce qui concerne la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance des agriculteurs et leurs revenus.

Dans ce cas-ci, la quantité d'engrais nécessaire pour accroître les rendements est beaucoup moins importante que si l'on utilise seulement des engrais chimiques. D'autres trouvailles importantes ont également été mises en lumière. Certains micro-organismes aideraient à lutter contre les maladies des cultures, ce qui à son tour, peut réduire les besoins en pesticides et ainsi réduire les impacts environnementaux des cultures.

La transition vers une agriculture biologique pourrait se révéler particulièrement précieuse pour les agriculteurs, puisqu'on observe une augmentation de la demande et une hausse des primes pour les commandes de produits biologiques sur les marchés mondiaux.

Ces résultats ont été annoncés le 17 mai 2010 lors de l'ouverture d'une conférence au Centre mondial d'agroforesterie[2]. La conférence, qui rassemble quelque 70 experts dans ce domaine, a pour but d'informer et de faire comprendre les mécanismes de fonctionnement des organismes du sous-sol, où ils vivent et comment ils pourraient être extraits du sol et déplacés pour travailler la terre dans les exploitations agricoles ou dans d'autres écosystèmes.

Ce projet de recherche, intitulé « Conservation et gestion durable de la biodiversité souterraine » (CSM-BGBD), a réuni des chercheurs du Brésil, de la Côte d'Ivoire, d'Inde, d'Indonésie, du Kenya, du Mexique et d'Ouganda[3].

Principales découvertes

Des études menées au Kenya indiquent que l'inoculation de bactéries de type Rhizobia ont respectivement augmenté les rendements des cultures de soja de 40%, 60% et 54% dans le région d'Homabay, de Kabete et de Mtwapa, sans l'utilisation d'engrais.

De surcroît, lorsque des organismes de type Trichoderma sont utilisés en combinaison avec des engrais comme le Mavuno, qui contient des micro-nutriments, les rendements des haricots ont plus que doublé.

Ces résultats ont été rapportés dans un article publié dans une revue interne en Décembre 2009, par le Dr Sheila Okoth de l'Université de Nairobi.

Les résultats de ce projet démontrent également que des retombées économiques importantes peuvent découler de la culture biologique.

  • L'utilisation de rhizobiums, en combinaison avec le fertiliseur « Triple Super Phosphates » (TSP), comme bio-engrais, peut produire un rapport avantages-coûts de 2,3, soit un bénéfice net de 253$ après déduction du coût d'un hectare de terre.
  • L'utilisation de l'engrais seul, entraine un rapport coût-bénéfice de 1,9, soit une bénéfice net de 170$. Hors l'introduction de bactéries rhizobia, à elle seule, donne un ratio coûts-avantages similaire avec un bénéfice net de 143$.

Les avantages sont clairs en termes de réduction des coûts pour les agriculteurs, les organismes présents dans le sol aidant à améliorer l'absorption des éléments nutritifs et une optimisation de l'utilisation de l'eau.

Un document publié par un scientifique du CIAT rédigé par le Dr Jonas Chianu indique également que la valeur financière de la fixation de l'azote dans les cultures de soja en Afrique sub-saharienne s'élève annuellement à environ 200 millions de dollars, pour les 19 pays de la région. Avec un prix de l'engrais équivalent à 795$ par tonne (en juin 2008), ce montant serait de 375 millions $.

Notes

  1. Il y a environ 40 millions de cellules bactériennes dans un gramme de sol et un million de cellules bactériennes dans un millilitre d'eau douce. Sur Terre, on estime qu'il y a environ cinq nonillion (5 × 10e30) bactéries sur Terre, formant une grande partie de la biomasse.
  2. La conférence qui a lieu cette semaine au centre « World Agroforestry » fournit une plate-forme par laquelle les scientifiques peuvent formuler des recommandations sur ce qui doit être fait pour amorcer l'utilisation de ces micro-organismes dans l'agriculture mondiale. Cette conférence comprendra la construction d'une première ébauche de politique générale élaborée, et une table ronde sur les questions politiques significatives qui doivent traduire les résultats du projet.
  3. Le projet de huit ans a été coordonné par l'Institut du CIAT pour la biologie et la fécondité des sols tropicaux (TSBF-CIAT), il a été co-finnancé par le Fond mondial pour l'environnement (GEF), et soutenu par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE).

Auteur

Programme des Nations Unies pour l'Environnement

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

 

 

 


Publié dans Actualité OGM

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