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Nanotechnologie : gros risques?

Publié le par Bambou254


Source : http://environnement.ca.msn.com/chroniques/chronique-article.aspx?cp-documentid=23441272

Par Éric Darier, Ph.D., Directeur de Greenpeace au Québec en sabbatique, 11 février 2010

Nanotechnologie : gros risques?

Petite devinette pour commencer…

Eric Darier(Eric Darier)

Qui a conclu, à propos des nanotechnologies, qu'au Canada il n'existe « aucune réglementation propre aux nanomatériaux en vigueur »; qu'il y a une « absence d'une métrologie systématique et normalisée »; une « incertitude quant à la nature de la relation dose-effet entre l'exposition aux nanomatériaux et les effets biologiques »; des « difficultés de mesure de l'exposition aux nanomatériaux et surveillance une fois qu'ils sont présents dans l'environnement »; une « absence de modèle prédictif exhaustif qui permettrait aux chercheurs de les classifier en catégories gérables de dangers »; une « absence de données scientifiques exhaustives sur les dangers des nanomatériaux, l'exposition dans les systèmes biologiques et l'environnement ainsi que leurs conséquences à long terme pour la santé et l'environnement »?

Non! C'est n'est pas Greenpeace ! Mais... le Conseil des académies canadiennes dans un rapport au gouvernement fédéral (2008).

Les nanotechnologies? Uhmm... mais c'est quoi au juste? Est-ce qu'il y a des risques pour la santé et l'environnement? Peut-être... Et si c'est le cas, accrochez vos tuques! Les produits chimiques, l'amiante et le tabac risquent d'être du petit lait par rapport aux risques des nanotechnologies.

Nanotechnologies?

Comme le préfixe « nano » l'indique, les nanotechnologies sont les nouvelles technologies qui utilisent l'infiniment petit à l'échelle du nanomètre (nm) c'est-à-dire 0,000 000 001 mètre. Dis d'une manière différente, il y a un million de nanomètres par millimètre. À titre d'illustration, un cheveu mesure environ 80 000 nanomètres (nm), un virus 150 nm, un morceau d'ADN, 2 nm, et un tube de carbone ou nanotube 1,4 nm, un atome 0,1 nm. Ces technologies de l'infiniment petit (les nanotechnologies) permettent la production, atome par atome, ou molécule par molécule, de nouveaux produits et de nouvelles substances. Les nanotechnologies utilisent les nanoparticules.

Les produits des nanotechnologies se retrouvent partout et notamment dans l'électronique, des produits cosmétiques, des crèmes solaires, des médicaments, des peintures, des cellules photovoltaïques, des vêtements, des accessoires de sports, les cosmétiques, etc. À l'avenir, on pourrait avoir aussi des aliments nanotechnologiques qui vous permettront de goûter n'importe quelle saveur d'aliments sous toutes sortes d'applications comme de la gomme à mâcher. Les nanotechnologies peuvent être non seulement des produits de consommation, mais aussi des procédés de fabrication en usine ou en laboratoire.

À priori, les promesses des nanotechnologies semblent très intéressantes comme l'étaient sans doute au début l'amiante et la plupart des produits chimiques. Mentionnons parmi les centaines de produits des nanotechnologies que l'on retrouve déjà sur le marché : des peintures ayant de nouvelles propriétés comme une résistance accrue à l'eau ou au soleil, ou des médicaments contre le cancer qui ciblent uniquement les cellules cancérigènes, évitant ainsi les effets secondaires des traitements aléatoires de radiochimie qui détruisent aussi les cellules en santé, des crèmes solaires pénétrantes, des vêtements avec des propriétés antibactériennes, etc.


Malgré le fait que probablement un millier de produits soient déjà sur le marché, on ne connait pas vraiment les risques des nanotechnologies. Pourquoi? Parce que les gouvernements ont simplement décidé de ne pas réglementer les nanotechnologies au nom de l'innovation, de l'économie et de la libre entreprise. Résultats : deux tiers des entreprises de nanotechnologie ne font aucune évaluation des risques.

Cependant, il s'agit d'une stratégie qui pourrait se retourner contre toutes les nanotechnologies si certaines des applications nanos se révélaient dangereuses. Mais quels sont donc les dangers potentiels des nanotechnologies? On peut les regrouper en deux grandes catégories :

- Santé. Si l'utilisation des nanos en chirurgie ou pour le traitement des cancers semble prometteuse, l'impact des résidus nanos pour la santé est très peu connu. Par exemple, il n'existe aucun filtre qui permet de récupérer les nanoparticules dans l'urine d'un patient traité avec des médicaments nano. Comme la propriété des nanoparticules c'est justement leur capacité de franchir les barrières biologiques naturelles de protection d'un être vivant (comme le placenta, le cerveau, ou le système immunitaire ces nanoparticules pourraient alors avoir des effets nocifs inattendus sur d'autres êtres vivants en aval. Un autre exemple? Les chaussettes nanos qui contiennent des nanoparticules d'argent et qui ont des propriétés antibactériennes intéressantes perdraient jusqu'à 35 % des nanoparticules lors du premier lavage... Cependant, on ne connait pas encore le résultat des études pour savoir s'il y a un lien entre l'Alzheimer et les nanoparticules d'argent.

- Environnement. Les nanotechnologies présentent les mêmes risques potentiels pour tous les êtres vivants dans l'environnement. On sait déjà que les nanotubes (= des nanovecteurs) peuvent être persistants dans l'eau pendant au moins 60 jours. Ces nanotubes peuvent alors servir de vecteurs pour des bactéries comme E.coli, etc. Les nanotechnologies pourraient aussi menacer la biodiversité dont nous avons tous besoin pour survivre. Environ 20 % des scientifiques américains qui travaillent dans la recherche sur les nanotechnologies craignent l'apparition de nouvelles formes de pollution (sondage publié dans la revue scientifique Nature Nanotechnology.

Pour en savoir plus :

Rapport (pdf) de l'Institut national de santé publique du Québec et la Commission de l'éthique de la science et de la technologie du Québec.

Déclaration des principes fondamentaux pour une évaluation sérieuse des nanotechnologies signée par une coalition d'une cinquantaine d'ONG incluant Greenpeace.

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