Nanotechnologies : L'Afsset rend un avis qui conforte FNE 26/03/2010 (Par Jean-Charles BATENBAUM)

Publié le par Bambou254



Source : http://www.actualites-news-environnement.com/23258-Nanotechnologies-Afsset-rend-avis-conforte-FNE.html



Nanotechnologies : L'Afsset rend un avis qui conforte FNENanotechnologies : L'Afsset rend un avis qui conforte FNE
Après l'avis relatif de l'Afsset sur « l’évaluation des risques liés aux nanomatériaux pour la population générale et dans l’environnement », la fédération France Nature Environnement prend connaissance, avec intérêt, de cet avis qui vient conforter les mise en garde de l'organisme depuis plusieurs années

Après l'avis relatif de l'Afsset sur « l’évaluation des risques liés aux nanomatériaux pour la population générale et dans l’environnement », la fédération France Nature Environnement prend connaissance, avec intérêt, de cet avis qui vient conforter les mise en garde de l'organisme depuis plusieurs années.

En effet, FNE n'a cessé de mettre en garde et d'insister sur le déséquilibre entre les connaissances sur les risques potentiels, sanitaires et environnementaux, que font courir l’usage grand public de nanomatériaux et la production d’applications avec mise sur le marché. L’Afsset confirme que, dans ce domaine, l’évaluation des risques est très complexe et pose de multiples questions auxquelles on ne sait pas répondre aujourd’hui, peut on lire dans un communiqué de presse.


Un nanomatériau est un matériau (sous forme de poudre, aérosol ou quasi-gaz, suspension liquide, gel) possédant des propriétés particulières à cause de sa taille et structure nanométrique.

Nanotechnologies : L'Afsset rend un avis qui conforte FNE

De nombreux matériaux font l'objet de recherche visant à les produire sous forme de nanoparticules (Métaux, céramiques, matériaux diélectriques, oxydes magnétiques, polymères divers, carbones, etc. ), seuls ou en formes ou structures composites.

Les nanomatériaux sont - au sens commun du terme - habituellement issue de la nanotechnologie, à la différence des nanoparticules qui peuvent être d'origine naturelle ou résulter de processus tels que le soudage, le fumage, le polissage, etc. On parle de nanocomposites qui sont par exemple des matériaux dits nanostructurés (en surface ou en volume), ou nanorenforcés.

Les risques toxicologiques et écotoxicologiques sont liés à la taille très petite (100 000 fois plus petit qu'une cellule humaine moyenne) de ces matériaux, qui fait qu'ils se comportent comme des gaz et passent au travers des muqueuses et de la peau et de toutes les barrières (y compris méninges protégeant le cerveau, et placenta). Les risques sont donc potentiellement liés à l'inhalation, l'ingestion, le contact cutané et passage percutané.

Le risque varie selon le nanomatériau considéré (selon la taille, la quantité, la structure, la surface spécifique et réactivité de surface, la toxicité chimique, une éventuelle radioactivité, les capacités d'agrégation, la réactivité, le comportement dans l'eau ou l'air, la présence éventuelle d'un surfactant ou d'un solvant, etc.). Un même matériau présente donc une toxicité accrue lorsqu'il est à une dimension nanométrique.

Les nonoparticules insolubles présentent également des propriétés de translocation leur permettant de se déplacer dans l’organisme. Ces particules peuvent passer des poumons au sang, puis être distribuées dans l’ensemble de l'organisme. Ces particules intéréssent également la pharmacologie pour leur capacité à atteindre le cerveau, à franchir les barrières intestinales, cellulaires et placentaires.

Un rapport IRSST (Ostiguy et al.,2006) regroupe dans le détail les connaissances toxicologiques répertoriées spécifiques aux nanoparticules.

Certains métaux (aluminium, lithium, magnésium, zirconium) ou des produits combustibles peuvent, à l'état de nanoparticules, former dans l'air des nuages explosifs. Ils doivent être entreposés sous atmosphère inerte (azote par exemple).

Les risques peuvent concerner des travailleurs québécois (plusieurs centaines de personnes exposées, au Québec, à des nanoparticules) ou encore des utilisateurs de produits finis.

« Depuis 2007, FNE s’est prononcée pour un moratoire partiel sur les nano-objets à usage non médical et en contact, dans leur usage normal, grand public, avec le corps humain : produits et emballages alimentaires, cosmétiques, produits bronzants, vêtements… L’actuel avis de l’Afsset et les recommandations qui y sont incluses ne font que conforter notre demande. Nous attendons des pouvoirs publics des décisions courageuses », a déclaré dans un communiqué de presse , José Cambou, pilote du réseau santé environnement de FNE.

Rappelons que FNE avait demandé le développement des moyens de la recherche permettant d’avancer dans l’évaluation des risques des nano-objets, un étiquetage des nano-produits tant dans un souci de traçabilité que dans celui de donner au consommateur le droit de choisir (d’acheter ou non) ; et enfin, la mise en œuvre d’une réglementation adaptée, apportant des réponses à l’ensemble des questions soulevées par le développement des nanotechnologies dans les différents secteurs d’activité ainsi que par l’intégralité du cycle de vie des nano-objets.

L'avis de l'Afsset pourrait constituer une avancée majeure dans la mise en place d’une gouvernance appropriée. « Il est urgent de poser clairement la question des usages futiles, donc à éviter, et des usages socialement inacceptables. On voit bien l’importance d’un mode de gouvernance adapté », explique José Cambou.

 

 

 


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