Pétition : Argentine - Halte à la politique minière destructrice, danger pour la cordillère des Andes !

Publié le par Bambou254




Pour signer la pétition, cliquez sur l'adresse ci-dessous :

http://www.lapetition.be/en-ligne/argentine-halte-la-politique-minire-destructrice-danger-pour-la-cordillre-des-andes--4418.html



Toquepala mine, Andes Mountains in southern Peru  (Vue de l'espace)



Depuis 2005, l'Argentine vit un véritable « boom minier ». Les anciennes mines ré-ouvrent. De nouveaux gisements sont prospectés. Cuivre, argent, lithium, or et uranium agissent comme des aimants auprès des investisseurs nationaux et étrangers. La remontée des cours des métaux jusqu'en 2008 a fait apparaître l'exploitation minière comme une opportunité de relancer l'activité économique après la crise de 2001, option que le gouvernement actuel défend au point d'avoir empêché l'adoption de la Loi de Protection des Glaciers qui devait interdire toute activité industrielle sur les glaciers et dans leur environnement proche.

Cette accélération de l'activité minière est irrémédiablement destructrice pour l'environnement et les populations vivant sur place. L'exploitation minière à ciel ouvert implique de creuser et de retourner les sols en les dynamitant, provoquant ainsi des nuages de poussière portant des particules de métaux lourds particulièrement nocifs pour la santé. Les produits chimiques tels que le cyanure et le mercure, utilisés pour extraire les minerais de la roche, contaminent les sous-sols et les cours d'eau qui alimentent les villages et sont utilisés pour l'irrigation, mettant ainsi en péril l'agriculture et l'élevage paysans. Une mine gaspille des quantités d'eau faramineuses dans des zones extrêmement arides : la seule mine de Pirquita, dans le Nord de l'Argentine, consomme 70 000 m3 par jour ! Les populations sont chassées de leurs terres ou contraintes de les quitter en raison de la destruction de l'environnement, abandonnant ainsi leur patrimoine culturel à la dynamite des multinationales. Le phénomène d'acidification des eaux rend les lieux inhabitables pendant des centaines d'années après l'arrêt de l'exploitation minière.

Ne soyons pas dupes ! Nous ne pouvons pas nous sentir étrangers aux réalités que vivent les populations locales dans les régions d'exploitation minière en Argentine, tout comme dans d'autres pays du Sud. Les entreprises occidentales, notre mode de vie et notre consommation jouent un rôle de premier plan dans le modèle « de développement » exportateur, extractiviste et gaspilleur basé sur l'activité minière destructrice.

Pour cette raison, nous souhaitons interpeller les candidats aux élections législatives et sénatoriales du 28 juin prochain en Argentine en leur adressant la pétition que nous vous invitons à signer.








 


Les traces de pollution au mercure sont conservées dans les sédiments des lacs de la cordillère des Andes. (Photo courtesy of Colin Cook)

Bien avant l’ère industrielle, avant même que les Conquistadors espagnols développent l’exploitation
minière et la métallurgie dans les Andes, des mines de mercure étaient exploitées au Pérou. Des géochimistes ont retrouvées les traces de la pollution locale provoquée par cette activité minière dans les sédiments de trois lacs andins.

Colin Cooke, doctorant à l’Université d’Alberta (Canada), et ses collègues ont foré deux lacs de la région de Huancavelica, dans la cordillère des Andes au centre du Pérou. C’est là qu’a longtemps été exploitée la mine de mercure de Santa-Barbara, surnommée la mina de la muerte (la mine de la mort), à cause des empoisonnements au mercure qui ont coûté la vie à de nombreux mineurs.

L’analyse des dépôts de mercure dans les sédiments révèle que l’exploitation de la mine était déjà intense vers 1.400 avant notre ère, avec un pic vers 500 (avant JC) correspondant à l’apogée de la civilisation andine de Chavín de Huantar. A cette période c’est le cinabre (un sulfure de mercure) qui intéresse les Andins : ce minéral rouge sert à fabriquer un pigment vermillon pour les peintures.

Un autre pic d’exploitation est visible vers 1450 (après JC), coïncidant cette fois avec le zénith de l’empire Inca, rapportent Cooke et ses collègues dans les Proceedings of the National Academy of Sciences publiés cette semaine. L’exploitation s’est ensuite intensifiée avec l’arrivée des Espagnols, qui ont utilisé le mercure pour séparer l’argent du minerai. Huancavelica est devenue le principal site fournisseur de mercure pour les besoins de l’amalgamation, l’un des premiers procédés de métallurgie inventés par Bartolome de Medina en 1554.

A cette période, la pollution par le mercure devient régionale, relèvent les chercheurs, qui ont aussi analysé les sédiments d’un lac situé à plus de 200 km de Huancavelica.

Allant plus loin, Cooke et ses collègues soulignent que même sous le règne des Incas l’exploitation de la mina de la muerte avait changé et que les mineurs cherchaient moins la poussière de cinabre (HgS) que le mercure (Hg), suggérant que l’extraction par fusion du minerai avait déjà commencé.

Cette étude confirme l’intérêt des sédiments lacustres pour reconstruire l’histoire des Andes (lire Pour trouver l’homme et son lama, cherchez l’acarien), la période coloniale ayant effacé beaucoup de traces des civilisations antérieures.

Cécile Dumas
Sciences-et-Avenir.com

19/05/09
Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/homme_et_societe/20090519.OBS7426/pollution_precolombienne_au_mercure.html






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