Prix Pinocchio "Droits humains" : Perenco - Credit agricole - Michelin-Bollore

Publié le par Bambou254




PERENCO

 

L'exploitation pétrolière au Pérou au mépris des populations autochtones, dans un climat très tendu

 

Début juin 2009, à Bagua au Pérou les communautés indiennes s'opposent depuis plusieurs semaines déjà à un projet de loi visant à autoriser les compagnies pétrolières à exploiter des gisements pétroliers découverts sur leurs terres. Leurs manifestations sont réprimées dans le sang par les forces policières et tournent au massacre général. Bilan : au moins 12 morts parmi les Indiens et 23 parmi les policiers, sans compter les blessés. Dans l'Equateur voisin, l'exploitation pétrolière a déjà eu des conséquences environnementales et sanitaires dramatiques dans ces zones de forêts vierges jusqu'alors relativement préservées.

Début septembre, alors qu'aucun pas n'a encore été fait par les autorités pour rétablir le dialogue avec les communautés indiennes et tenter de répondre à leurs craintes, l'organisation nationale des Indiens d'Amazonie péruvienne (AIDESEP) porte plainte devant la Cour constitutionnelle pour tenter de stopper un projet pétrolier conduit par la multinationale franco-britannique Perenco. Cette dernière a annoncé vouloir investir 2 milliards de dollars dans l'exploitation d'un gisement de pétrole de 300 millions de barils situé en pleine zone forestière, engendrant le percement d'une centaine de puits. Mais elle conteste la présence de communautés indiennes isolées sur la concession qui lui a été octroyée par les autorités péruviennes.

Selon l'ONG Survival International cependant, se basant sur une enquête du quotidien anglais The Guardian, Perenco a dissimulé les preuves de l'existence de trois tribus isolées. En parallèle, les Nations unies ont recommandé début septembre au gouvernement du Pérou de mettre fin à tous les projets d'exploitation pétrolière sans le « consentement informé » des habitants de la forêt amazonienne. Le président péruvien lui-même, M. Garcia, a déjà reconnu publiquement avoir négligé de consulter les Indiens en bonne et due forme sur les concessions accordées. Mais Perenco ne semble pas prête à en tenir compte, malgré la situation extrêmement tendue suite au massacre.


Pour en savoir plus :

- Survival International, « Les indiens isolés ont besoin de vous » : www.survivalfrance.org/peuples/indiensisoles

- Survival International, communiqués de presse sur la situation au Pérou : www.survivalfrance.org/actu/pays/perou

- The Guardian, vidéo « The fight for the Peruvian forest » :
www.guardian.co.uk/environment/video/2009/jul/03/peru-rainforest

- The Guardian, « Rumble in the jungle », 04/07/2009 : www.guardian.co.uk/environment/2009/jul/04/peru-amazon-rainforest-conservation/print

- Le site de Perenco : www.perenco.com/149-Perenco-Non+contacted+tribe+claim+.html

 

 

 

 

 

 

CREDIT AGRICOLE


Des actions dans une entreprise qui fournit la junte birmane en matériel militaire


Le régime militaire qui oppresse la Birmanie depuis un demi-siècle en toute illégalité a révélé son vrai visage à plusieurs reprises ces dernières années. En 2007, les manifestations pro-démocratie des moines, puis de la population, furent rapidement réprimées dans le sang ; en mai 2008, les millions de personnes affectées par le cyclone Nargis ont été abandonnées à elles-mêmes ; quant à la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, elle a été déjà emprisonnée arbitrairement pendant plus de 13 ans sur les 19 dernières années. La situation de la population birmane est catastrophique, tous les indicateurs de développement et sanitaires étant au rouge. Le régime au pouvoir préfère utiliser les gigantesques revenus de l'exploitation des ressources naturelles pour l'achat d'armes, plutôt que pour soulager les souffrances du peuple biman : le budget d'armement représente jusqu'à la moitié des dépenses publiques en Birmanie, contre 0,4 % pour la santé.

Une des filiales de la compagnie chinoise Dongfeng a fournit 900 camions militaires à la Birmanie dans la première moitié de 2008. Le comité d’éthique du fonds de pension public norvégien suppose que ces livraisons de matériels militaires sont toujours en cours et qu’il y en aura d’autres à l’avenir, en complément des véhicules déjà livrés. L’Union européenne et les Etats-Unis ont imposé tous les deux un embargo sur les armes à la Birmanie. Ces embargos interdisent également l’exportation de camions militaires à la Birmanie. En livrant des armes à la Birmanie, Dongfeng renforce donc un régime qui emploie environ 3 000 esclaves pour la construction des infrastructures et le transport du matériel militaire, et maintient plus de 10 000 membres de l’opposition démocratique en prison (dont une partie est torturée). La junte birmane commet des atrocités contre les populations civiles, incluant des exactions telles que viols et exécutions sommaires, notamment contre les minorités ethniques. C'est pourquoi le fonds de pension du gouvernement norvégien a exclut Dongfeng de son univers d'investissement début 2009.

 

Malgré cela, le Crédit Agricole détient ou gère pour compte de tiers des actions dans l'entreprise Dongfeng pour un montant de 8,9 millions de dollars. Rien ne lui permet d'affirmer concrètement que cet investissement ne participe pas à des activités qui violent les droits humains.



Pour en savoir plus :

- Site « Secrets bancaires » : http://www.secretsbancaires.fr

 

- Communiqué du fonds de pension du gouvernement norvégien sur l'exclusion de Dongfeng (en anglais) : Dongfeng excluded from Government Pension Fund
 





MICHELIN


La destruction de communautés locales par une plantation d'hévéa (Nigeria)


En mai 2007, la filiale nigériane du groupe français Michelin, un des plus gros producteurs au monde de pneumatiques, se voit octroyée par les autorités nigérianes 3 500 hectares de terrain dans la réserve forestière d'Iguobuzuwa située dans l'Etat d'Edo, dans le delta du Niger ; une zone très riche en termes de biodiversité animale et végétale, et où vivent 11 communautés très dépendantes de leur environnement naturel au quotidien. En décembre 2007, les bulldozers de l'entreprise rasent la forêt et les cultures des communautés locales, avant de commencer en mai 2008 une plantation intensive d'hévéas à des fins de production de caoutchouc destinée à rentrer dans la fabrication des pneus Michelin.

Un an plus tard, en plus de la destruction environnementale, les impacts humains de la plantation sont catastrophiques. Sur le plan socio-économique, les communautés villageoises se retrouvent dans l'impossibilité de subvenir à leurs besoins, avec pour résultat un appauvrissement et une baisse de la qualité de leur alimentation, tandis que d'autres sont obligés de quitter la région pour chercher des emplois et ainsi subvenir aux besoins de leur famille : les quelques rares emplois non-qualifiés proposés par Michelin sont confiés à des habitants de régions plus éloignées, qui sont amenés tous les jours par les camions de l'entreprise. La santé des habitants s'en ressent également directement, car les plantes de la forêt tropicale avaient jusqu'alors toujours servi de réserves médicinales pour les habitants. Sur le plan culturel, l'arrivée de l'entreprise a engendré des tensions importantes entre les aînés traditionnellement détenteurs du pouvoir ; de nombreux autres conflits s'en trouvent de ce fait non-résolus. Les problèmes sociaux ont également empiré avec l'apparition de la violence et de la consommation d'alcool, résultant de la désorganisation des modes de vie traditionnels de ces communautés. Non seulement les promesses de développement n'ont pas été tenues, mais l'arrivée de Michelin a ainsiengendré de graves impacts négatifs pour ces communautés.

Pour une femme de la communauté d'Aifesoba, « Michelin a détruit nos terres agricoles. Je me sens blessée par leurs actions. Les cultures fournissaient de la nourriture pour nos familles. (…) Nous voulons qu'ils paient pour nos terres et nos plantations. (…) Nous voulons récupérer notre terre. Nos vies en dépendent. Nous sommes désormais sans travail (…). ». Ce cas est particulièrement illustratif des conséquences locales très négatives des projets de plantations intensives, de plus en plus nombreux dans les zones tropicales, au seul bénéfice des multinationales qui les développent et des pays riches qui profitent des ressources ainsi exportées.

Face à cette situation, la résistance des communautés locales, et notamment des femmes, n'a cessé d'amplifier depuis deux ans. Michelin, pour sa part, n'a apporté que de maigres promesses de compensation à deux communautés, jugées très insuffisantes au regard des préjudices subis. Interrogée à ce sujet par les Amis de la Terre, la maison-mère française de Michelin réfute quant à elle toute responsabilité, arguant qu'elle n'est qu'un simple actionnaire à 20 % de la société exploitante des plantations, la Société internationale de plantations d'hévéas (SIPH). La SIPH affirme cependant dans son rapport annuel 2008 qu'elle revend la plus grosse partie de sa production à Michelin, son premier client avec 55 % des ventes. En outre, un membre de Michelin siège de façon permanente au sein de son Conseil d'administration, où il dispose donc d'un pouvoir de décision important en tant que représentant du deuxième actionnaire du groupe. Enfin, Michelin remplit également une mission d'assistance technique au Nigeria sur les plantations d'hévéa de la SIPH.



Pour en savoir plus :

- Rapport « Women raise their voices against tree plantations », Friends of the Earth International / Word Rainforest Movement, mars 2009 : http://www.wrm.org.uy/subjects/women/fullreport.pdf

- Vidéo « Women raise their voices against tree plantations » :
http://www.wrm.org.uy/Videos/Women_Voices.html

- Le site de la Société internationale de plantations d'hévéas (SIPH) : http://www.siph.com/

 

 

 

 

 

 

BOLLORE

 

Exploitation de salariés dans les plantations d'huile de palme (Cameroun)

 

Au Cameroun la Société camerounaise des palmeraies (SOCAPALM), détenue à près de 40 % par le groupe français Bolloré depuis sa privatisation en 2000, gère plusieurs plantations de palmiers à huile. Dans une de ces gigantesques plantations d'une superficie de 9000 hectares, à Kienké, au sud-ouest du pays, la SOCAPALM emploie plusieurs milliers de personnes pour la coupe, la récolte et le transport des régimes.

 

Les conditions de travail de ces ouvriers ont été décrites par plusieurs journalistes qui ont enquêté sur place comme proches de l'esclavage. Les hommes y travaillent six jours par semaine, parfois sans aucune protection malgré la dangerosité de ce travail très physique, ni aucune protection sociale. Les salaires de misère restent parfois impayés pendant plusieurs mois par les sous-traitants chargés de les recruter, ce qui décourage ceux qui veulent récupérer leur dû. Les droits syndicaux ne sont pas non plus respectés : un leader syndical qui opposait une résistance à ces conditions dégradantes a même été arrêté avant de subir des menaces de mort . Outre leur travail, les ouvriers sont aussi contraints de vivre dans des conditions inhumaines, dans un campement surpeuplé sans eau, ni sanitaires, et quelques heures seulement d'électricité par jour, tandis qu'aucune demande d'amélioration de ces conditions n'a jamais abouti. Pour les populations environnantes enfin, majoritairement des pygmées au mode de vie traditionnel, les impacts de la plantation de Kienké sont considérables : expropriation de leurs terres ancestrales, destruction irréversible de la forêt dont ils tirent leur subsistance, pollution des cours d'eaux par des produits chimiques...

 

Ce cas est révélateur des conséquences désastreuses des plantations d'huile de palme, énormément consommée dans les produits alimentaires ou cosmétiques consommés dans les pays industrialisés, mais dont les impacts sociaux et environnementaux sont considérables dans les pays du Sud.

 

 

Pour en savoir plus :

 

- Libération, Les Camerounais exploités des palmeraies de Bolloré, 11/03/2008 : www.liberation.fr/economie/010176109-les-camerounais-exploites-des-palmeraies-de-bollore

 

- Le Monde Diplomatique, Bolloré au Cameroun, un bilan en images, http://blog.mondediplo.net/2009-06-16-Bollore-au-Cameroun-un-bilan-en-images

 

- Le Monde Diplomatique, Port, rail, plantations : le triste bilan de Bolloré au Cameroun, avril 2004 : www.monde-diplomatique.fr/2009/04/DELTOMBE/17037

 

- Site des Amis de la Terre, Huile de palme : un ingrédient discret qui détruit les forêts : www.amisdelaterre.org/-Huile-de-palme-un-ingredient-.html

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Pétition humanitaire

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