Prix Pinocchio "Greenwashing"

Publié le par Bambou254




     EDF

 

EDF


« Changer d'énergie ensemble ».

Au printemps 2009, la multinationale française de production d'électricité EDF a lancé une très grande campagne de communication de plusieurs semaines, avec pour thème le slogan « Changer d'énergie ensemble », qui est également le titre du rapport Développement durable 2008 de l'entreprise. Cette campagne, extrêmement visible dans les lieux publics et les médias nationaux, faisait appel à des témoignages de particuliers, de salariés d'EDF et de personnalités appréciées des Français, comme le nageur et champion du monde Alain Bernard. Le but de cette campagne était d'essayer de convaincre le grand public, et ses dizaines de millions de clients, que la multinationale agissait concrètement et de façon importante pour promouvoir des alternatives propres aux combustibles fossiles, ainsi que des solutions au réchauffement climatique : économies d'énergie et efficacité énergétique, éolien, hydraulique, etc.

La réalité est pourtant toute autre, et moins flatteuse pour l'énergéticien français. Dans son rapport Développement durable 2008, EDF affirme que les « énergéticiens sont confrontés à la nécessité de changer de modèle » pour répondre aux défis environnementaux, sociaux et économiques à venir. Mais on y lit aussi que le budget effectivement consacré par EDF à la recherche et au développement (R&D) des énergies renouvelables s'élevait en 2008 à 8,9 millions d'euros, alors que le budget R&D total d'EDF la même année s'élevait à 421 millions d'euros. La part consacrée aux énergies renouvelables, modèle énergétique de demain, représente donc 2,1% du total. Enfin, selon le magazine Terra Eco, la campagne de publicité d'EDF « Changer d'énergie ensemble » a coûté au total 10 millions d'euros pour sa conception et sa diffusion...
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Au-delà du vernis des discours, les chiffres sont donc cruels : EDF consacre dans la réalité plus de moyens à communiquer sur ses engagement dans les énergies renouvelables, qu'à faire de la recherche sur ces dernières ! Un moyen peut-être pour l'énergéticien français de tenter de faire oublier qu'il reste essentiellement producteur d'électricité nucléaire. Une source d'énergie dangereuse pour la santé et la paix dans le monde, non-renouvelable, productrice de quantités énormes de déchets polluants dont le traitement n'est toujours pas assuré, et qui, en nécessitant d'être couplée à la consommation d'énergies fossiles polluantes pour produire l'électricité en période de pointe, est très loin d'être neutre en terme d'impact climatique.


Pour en savoir plus :



- Terra Eco, « EDF plus voyant qu'éclairant » par Emmanuelle Walter, 29/06/2009 : www.terra-economica.info/EDF-plus-voyant-qu-eclairant,4981.html?var_recherche=edf (accès payant)

- Rapport annuel Développement durable 2008 d'EDF : www.edf.com/html/RA2008/index.html (cf. page 10)








 HERTA

      HERTA


EN PARTENARIAT AVEC L'OBSERVATOIRE INDEPENDANT DE LA PUBLICITE

 

http://observatoiredelapublicite.fr/

 

 

Analyse de l'OIP par rapport aux critères de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP)

 

 

"Herta s'engage sur le 100 % naturel". 

 

Herta poursuit sa communication sur le 100% naturel et joue ainsi volontairement sur la confusion et les raccourcis. Cette appellation ne signifie pas que le jambon est issu de l’agriculture biologique. 100% naturel, cela signifie seulement que le jambon n’est pas 100% artificiel. Nous sommes rassurés. Cette appellation renvoie également à l’univers de la santé, mais « naturel » n’est pas synonyme de « sain ». Comme si en le disant, l’entreprise pouvait nous convaincre que ce jambon est issu d’un processus sain et sans conséquence sur l’environnement...


La publicité induit en erreur par les mots employés : 
” Ingrédients d’origine naturelle, conservation naturelle, seul Herta s’engage sur le 100% naturel de son jambon tendre noix“.

Le naturel se veut rassurant. Mais le plomb, le mercure et l’uranium existent aussi à l'état naturel : cet argument n'apporte aucune garantie particulière au consommateur, mais ce dernier pourrait penser par erreur que le produit est bio. La répétition à trois reprise du mot naturel démontre la volonté d’ Herta d’induire en erreur en maintenant la confusion entre naturel et bio.


La publicité induit en erreur par la composition graphique (images et couleurs) :
Le caractère naturel est ici représenté par le décor rural, qui exprime l’authenticité. Il est recomposé à partir d’aliments. Une prairie en tranches de jambon, des arbres en persil, des fagots de bois en cornichon et des bottes de paille en beurre. Ce décor transmet l’idée d’un monde onirique, d’abondance. Le ciel bleu, les oiseaux qui chantent et le jingle bien connu qui nous rappelle l’identité de la marque intensifie l’ambiance de campagne qui doit caractériser l’état d’esprit d’Herta et, par extension, les origines du porc. Sauf que ce n'est pas le cas : les porcs de la gamme 100% ne gambadent pas dans les prairies (Les élevages dits « hors-sol » sont réalisés dans des bâtiments, sur caillebotis. Ils représentent plus de 90% des élevages de porcs français) et ne sont pas nourris avec des céréales issues d’un processus naturel (donc sans ajout de produits phytosanitaires) . L’utilisation d’un macaron dans lequel est inscrit « 100% naturel – Herta s’engage » transmet l’idée du label. Cette sorte de logo auto-décerné par Herta laisse une marge d’interprétation suffisante pour être considéré comme étant certifiant, au même titre qu'une certification officielle (qu'il n'est pas). Il vient en complément de la voix qui porte l’étendard du 100% naturel. Cette publicité attribue ainsi à ce signe une valeur bien plus écologique que ne l’est en réalité le produit.


La publicité affirme quelque chose de vague ou sans preuve :
Herta renvoi le consommateur à une charte qualité que l’entreprise a élaboré elle-même, mais qui n’est pas disponible sur leur site Internet. Nous l’avons demandé, mais nous ne l’avons pas reçue. Finalement consultés par un autre moyen, les engagements de cette charte sont flous et relèvent de l’auto-déclaration. La charte dit par exemple que les porcs ne sont pas nourris avec des farines animales, mais elle ne précise pas s’ils sont nourris avec des aliments OGM, qui ne sont pas naturels.


La publicité surestime ou exagère le côté réellement vert du produit / société / service :
Herta surestime la qualité verte de son produit. En focalisant le discours sur des ingrédients qui ont l’air authentique, la marque oublie, volontairement ou pas, les aspects moins naturels indirectement liés à la production de son jambon, à savoir les conditions d’élevages, la nourriture des porcs, et même les ingrédients qui entrent dans la composition du produit fini, qui ne sont issus de l’agriculture biologique. Présenté comme il l’est dans la publicité, le jambon véhicule une image écologique, rurale et traditionnelle qui ne correspond pas à la réalité.


Pour en savoir plus :

- L'Observatoire indépendant de la publicité (OIP) : http://observatoiredelapublicite.fr/2009/03/09/herta-2/


- Autorité de régulation professionnelle de la publicité : www.arpp-pub.org/







PEUGEOT

          PEUGEOT

 

EN PARTENARIAT AVEC L'OBSERVATOIRE INDEPENDANT DE LA PUBLICITE

 

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Analyse de l'OIP par rapport aux critères de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP)


Si acheter une voiture, qui émet 120 gramme de CO2 par kilomètre c’est respecter son île, alors les citoyens de la Réunion devraient tous se rendent chez leur concessionnaire ! Ce qui rend cette publicité grossière, c’est bien le manque de nuance dans le propos.


La publicité induit en erreur par les mots employés.

Les mentions « Bonus écologique X 3 », « Respecter son île », « Grâce au programme Blue Lion Peugeot s’engage pour les générations futures », « Objectif ? Réduire les consommation s de carburants, les émissions de C02 et respecter l’environnement », sont totalement disproportionnées par rapport à l’impact environnemental réel de cette voiture. Faut-il rappeler que les voitures aujourd’hui ne sont pas propres, qu’elles ne respectent pas l’environnement, que ce n’est pas faire un geste pour la planète que d’en acheter une ? Que dire alors du vélo, du métro, qui sont bien meilleurs environnementalement. Cet abus de langage est. La Peugeot 207 pèse en moyenne 1,3 tonne et le modèle présenté ici émet, si vous arrivez à lire, 120 gr de CO2 par kilomètre. Pourquoi ne pas mettre en avant ce 120 grammes si la voiture respecte tellement l’environnement ? En cela, cette publicité ne respecte pas la directive européenne 1999/94/CE du Parlement et du Conseil européen, transposée en France en 2002.

La publicité induit en erreur par la composition graphique (images et couleurs)
La voiture est présentée sur fond de montagnes verdoyantes que sont les Salazes de la Réunion. Que faut-il comprendre ? Que cette voiture ne nuit pas à cette nature ? C’est absurde et mensonger, pour les raisons évoquées précédemment.

La publicité affirme quelque chose de vague ou sans preuve
L’éloge maladroit de Peugeot est relayé par un site internet, sur lequel vous ne trouverez que des informations floues (www.peugeot-bluelion.re)

La publicité surestime ou exagère le côté réellement vert du produit/société/service
Comme dit plus haut cette publicité est mensongère. Elle est une caricature de ce qui ce fait en ce moment dans la publicité automobile, à savoir mettre en scène un véhicule de manière à le considérer comme inoffensif envers la nature. De plus, elle renforce l’idée selon laquelle Peugeot est un défenseur de la nature alors que le constructeur est en retard sur les promesses qui ont été faites depuis dix ans sur l’amélioration de ses véhicules.



Pour en savoir plus :


- L'Observatoire indépendant de la publicité (OIP) : http://observatoiredelapublicite.fr/2009/03/09/peugeot/

- Autorité de régulation professionnelle de la publicité : www.arpp-pub.org

 

 









FRANCE BETTERAVES

      FRANCE BETTERAVES

 


« Enfin une bonne nouvelle ! La France, premier producteur mondial de bioéthanol de betterave ».


En décembre 2008, en pleine conférence des Nations unies sur le climat à Poznan (Pologne), le lobby France Betteraves choisit de communiquer abondamment dans la presse nationale et les lieux publics sur la « performance » de la France, « premier producteur mondial de bioéthanol de betterave », en mettant en avant des arguments écologiques et de créations d'emplois.

Mais une analyse détaillée de ces derniers force à tirer un bilan beaucoup plus sombre. Ainsi les « centaines de millions d'investissements » sont largement des subventions publiques, venant en aide au secteur betteravier après la refonte de la politique sucrière de l'Union européenne, et payées par les contribuables. Les « milliers d'emploi créés » ne sont en réalité que des emplois maintenus dans la filière, l'administration française ayant elle-même conclu en 2005 que les effets sur l'emploi de la politique hexagonale en matière d'agrocarburants étaient largement surestimés.

Les bénéfices environnementaux des agrocarburants sont également très contestables : l'étude 2007 de l'organe scientifique de la Commission européenne (JRC) fournit des résultats 30% moins bons que ceux avancés par France Betteraves, et l'étude 2009 de l'Ademe fournit des résultats pires encore L'argument pour le porte-monnaie des consommateurs est également erroné : l'éthanol sous forme d'E85 (85% d'éthanol, carburant pratiquement introuvable) est effectivement vendu 30% moins cher à la pompe, mais son rendement énergétique étant d'environ 30 % inférieur à celui de l'essence (ce qui augmente d'autant la consommation des véhicules), il n'a pas d'intérêt économique pour le consommateur. L'éthanol mélangé à l'essence, lui, a le même prix que le super.

 

Plus globalement, la filière de la betterave française est très industrialisée, et fortement consommatrice du pétrole (engrais chimiques, mécanisation, transport, transformations). Elle est très loin d'un modèle agricole durable.Pour ces raisons, le Réseau Action Climat France et les Amis de la Terre ont porté plainte début 2009 devant le Jury de déontologie publicitaire de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), qui a majoritairement validé les arguments des associations en reconnaissant des "manquements aux recommandations "Développement durable" et "Arguments écologiques" de l'ARPP".


Pour en savoir plus



- Communiqué de presse des Amis de la Terre, du Réseau Action Climat, du WWF et d'OXFAM , en date du 12/12/2008 : www.amisdelaterre.org/Publicite-sur-l-ethanol-France.html

- Communiqué de presse des mêmes associations et de la FNAUT, en date du 25/03/2009 : www.rac-f.org/article.php3?id_article=1496

- Décision de l'ARPP en date du 19/03/2009 : www.jdp-pub.org/France-Betteraves.html

 

 

 

 

 

 

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