Une marée humaine pacifique envahit Copenhague

Publié le par Bambou254


De : Réseau "Sortir du nucléaire" (actu@sortirdunucleaire.fr)
Envoyé : samedi 12 décembre 2009 18:20:37



Reuters - 12 novembre 2009 - COPENHAGUE -


Venues de Bolivie, d'Allemagne ou du Burkina-Faso, des milliers de personnes sont venues réclamer, samedi à Copenhague, un accord international équitable pour lutter contre les changements climatiques. Sous un pâle soleil d'hiver, un immense défilé de plusieurs kilomètres a relié dans l'après-midi le château de Christiansborg, siège du Parlement danois au Bella Centre, où se déroule depuis lundi la conférence des Nations unies sur le climat.

Pour tenter d'influencer les délégations officielles, les manifestants brandissaient des pancartes rédigées dans toutes les langues exigeant la "justice climatique tout de suite", un "changement de système pas des changements climatiques" ou bien intimant "Faites l'amour, pas du CO2". Ce défilé, c'est la preuve que "des gens ordinaires font front ensemble.
 
Les problèmes de climat sont globaux mais les solutions sont globales aussi maintenant", s'enthousiasme Leif, un habitant de Copenhague qui marche aux côté de militants du Ghana et du Kenya qu'il a rencontrés dans le métro samedi matin. De très nombreux syndicalistes, étudiants ou écologistes, de l'Allemagne voisine ont fait le déplacement. Les familles danoises sont également légion, transportant les plus petits dans des carrioles tirées par des vélos.

Côté français, l'ancien leader altermondialiste José Bové a marché avec ses collègues députés européens d'Europe Ecologie et la dirigeante des Verts, Cécile Duflot. Un homme déguisé en Yéti vert fait la joie des photographes en brandissant sa banderole "Heureusement, je ne suis pas un ours polaire", de même qu'un petit orchestre andin dont les musiciens se sont drapés dans de grands ponchos multicolores. Dix ans après les heurts qui avaient émaillé la réunion de l'Organisation mondiale du Commerce à Seattle, les organisateurs de la marche intitulée "Planet first, People first" - un collectif de plus de 500 organisations, partis et associations du monde entier - ont multiplié les consignes de calme.
"ON NE FAIT PAS L'AUMÔNE"

"S'il vous plaît, restons pacifiques", a intimé Mr Green, sorte de M. Loyal installé sur un char en tête de cortège. Certains manifestants portaient même des calicots sur lesquels on pouvait lire "Ne faites pas les idiots, respectez notre police". La marche s'est déroulée sous la surveillance de plusieurs hélicoptères tandis qu'au sol, des policiers jalonnaient le début du parcours tous les dix mètres.

Dans le cortège où on enregistre 0°c, les militants débattent chaudement des propositions avancées cette semaine dans le cadre des négociations officielles. Si on veut inverser le processus de réchauffement, il faut aller plus loin que "1,5 degré Celsius que proposent les Danois", estime un responsable d'ONG belge. L'aide de sept milliards d'euros annoncée par l'Union européenne vendredi pour aider les pays les plus vulnérables à s'adapter aux changements climatiques, "ce n'est pas assez", tranche Zenuba, déléguée du Burkina-Faso.

"On ne fait pas l'aumône: c'est une compensation qu'on demande. Nous ne sommes pas responsables de la dégradation du climat mondial", plaide la jeune femme. La délégation de parlementaires européens écologistes, regroupée sous les ballons verts "Die Grünen", rappelle avoir fixé la quote-part de l'Union européenne à 35 milliards d'euros.

Tout au long du défilé, le nucléaire fait figure d'épouvantail ultime comme le système capitaliste. Sur fond de crise économique mondiale, les revendications environnementales tendent à fusionner avec les exigences sociales. Dans la matinée, des milliers de personnes vêtues de bleu avaient formé une vague géante pour balayer les "fausses solutions" pour lutter contre le réchauffement climatique, comme les systèmes de compensation carbone.

Avec ces rassemblements, "peut-être que les grandes nations vont entendre les peuples", espère Partemba, sherpa népalais venu au Danemark pour parler de la fonte des glaciers himalayens. Cela créé des lacs dont les rives qui menacent de lâcher et de détruire villages et cultures en contrebas, raconte-t-il. "Il est grand temps de s'occuper des générations futures, de respecter la nature et l'Himalaya", ajoute le guide.






 




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