Prix Pinocchio de l'environnement : Total - BNP Paribas - Société génerale - Areva

Publié le par Bambou254




TOTAL


Le plus gros projet pétrolier du monde est aussi le plus dangereux (Kazakhstan)


Total et 6 autres compagnies pétrolières parmi les plus puissantes au monde sont associées depuis le début des années 2000 pour l'exploitation d'un gisement de pétrole au Kazakhstan, dans le nord de la mer Caspienne. Ce gisement, baptisé Kashagan, est considéré comme la plus grosse découverte pétrolière au monde depuis 1968. Prévu pour produire jusqu'à 1,5 million de barils par jour à l'horizon 2020, il ferait du Kazakhstan, pays très corrompu dirigé d'une main de fer par le très autoritaire Noursoultan Nazarbaïev depuis la chute de l'ex-URSS, un des premiers producteurs de brut au monde.

Le développement et l'exploitation de ce gisement s'avèrent pourtant extrêmement problématiques. D'énormes contraintes géographiques, climatiques et géologiques expliquent en effet un budget prévisionnel de 136 milliards de dollars, soit le projet le plus cher jamais financé. Des experts commencent même à s'interroger sur sa faisabilité réelle, vu ses contraintes techniques colossales, ses retards incessants et ses coûts en dérive constante. Le pétrole jaillit en effet de plus de 5000 mètres sous la surface à une température de plus de 100 degrés et à une pression qui peut atteindre les 1000 bars, soit autant de fois la pression atmosphérique. Le pétrole de cette zone est également fortement pollué par des gaz toxiques, dont les mercaptans, qui peuvent être mortels à de très petites concentrations et dont des émanations accidentelles pourraient tuer des milliers de personnes en quelques heures. Son taux de soufre très élevé (jusqu'à 20 %) pose également de graves menaces de pollution : le traitement du soufre n'est pas encore prévu, et les conditions atmosphériques locales pourraient entraîner des pluies acides sur la région Caspienne et jusqu'à l'Europe.

 

La solution choisie pour l'exportation du pétrole, enfin, est extrêmement préoccupante : il serait transporté par des bateaux spécialement conçus à cette fin à travers la mer Caspienne jusqu'au départ de l'oléoduc BTC en Azerbaïdjan : une marée noire aurait des conséquences catastrophiques pour les écosystèmes de cette mer fermée et les populations côtières des pays avoisinants (Russie, Iran, Kazakhstan, Turkménistan et Azerbaïdjan).

Une mission des Amis de la Terre et d'autres ONG sur place en septembre 2007 avait permis de récolter des témoignages alarmants de la part des autorités et des communautés locales, des scientifiques et de la société civile, attribués au développement du projet Kashagan : mortalité massive d'animaux, chute drastique des prises de poissons, dégradation de l'état de santé des habitants...

Face à ces critiques, Total s'est toujours réfugié derrière son statut de « simple » partenaire du projet, en avançant que seul l'entreprise leader du consortium est responsable des impacts environnementaux et sociaux du projet . La compagnie en est pourtant un des principaux acteurs, et s'est d'ailleurs vu confier fin 2008 la direction du consortium jusqu'en 2015. Elle investira au final dans Kashagan plus de 20 milliards de dollars, autant d'argent qui ne sera pas utilisé pour développer des solutions énergétiques beaucoup moins polluantes et dangereuses sur le plan sanitaire.


Pour en savoir plus :

- Rapport de mission d'investigation par les ONG au Kazakhstan, décembre 2007 : www.amisdelaterre.org/Les-impacts-negatifs-du-projet,3638.html

- Les Echos, « Redistribution des cartes sur le champ géant de Kashagan », 03/11/2008

 

 

 

 

BNP PARIBAS


Le financement d'un projet pétrolier et gazier qui menace les dernières baleines grises occidentales du monde (Russie)

Le projet russe Sakhaline II est décrit par ses concepteurs comme le plus grand projet pétrolier et gazier intégré au monde. Il comprend trois plate-formes pétrolières et gazières off-shore et des oléoducs et gazoducs sous-marins. Ces énergies fossiles seront ensuite transportées sur terre à travers l'île sibérienne de Sakhaline, située dans le Pacifique nord-occidental, par 800 km de tuyaux, débouchant sur un des futurs plus grand terminal et usine d'exportation de pétrole & gaz au monde, situés dans le sud de l'île. Le projet pourrait coûter jusqu'à 22 milliards de dollars et implique des entreprises russes, japonaises et occidentales, ainsi que des banques et agences de crédit à l'exportation des mêmes régions, incluant BNP Paribas.

Un des principaux problèmes environnementaux réside dans la présence des dernières baleines grises du Pacifique occidental dans la zone d'exploitation pétrolière, qui empiète sur la seule zone d'alimentation estivale de ces mammifères. La présence des 120 derniers spécimens d'une population menacée d'extinction a d'ailleurs fortement diminué à l'été 2008, concrétisant les inquiétudes des associations écologistes. Les baleines sont ainsi confrontées aux nuisances sonores de la construction, ainsi qu'aux risques de collision, et de marée noire.

La construction des tuyaux sur l'île a également conduit à des dégâts dans les rivières riches en saumons sauvages. Celle du terminal de Prigorodnoye, notamment, a provoqué en 2005 le déversement des déchets issus du creusement de la baie d'Aniva, perturbant gravement les ressources halieutiques et l'écosystème local. Par ailleurs, le projet ne prévoit toujours pas de mesures adéquates pour répondre au risque de marée noire en conditions hivernales.

Malgré les déficiences constatées dans le développement de ce projet et les vives protestations étayées des ONG, et alors que cette population de baleines grises figure sur la liste rouge des espèces menacées de l'UICN , BNP Paribas, une des plus grosses banques au monde, a participé en juin 2008, en toute connaissance de cause, au financement de ce projet pour un montant de 82 millions d'euros.


Pour en savoir plus :

 

- Site « Secrets bancaires » : http://www.secretsbancaires.fr

- France Info, chronique de Nathalie Fontrel : La baleine et le pétrole

 

- RFI, le quotidien de la mer : Urgence, menace sur les baleines grises

 

- Page dodgy deals de BankTrack (en anglais) : Sakhalin II oil and gas project

 

 

 


SOCIETE GENERALE

 

Le financement des destructions minières par Vedanta Resources (Inde)

Vedanta Resources est une multinationale minière anglaise qui produit de l'aluminium, du cuivre, du plomb et du zinc. Elle a débuté l'exploitation de mines de bauxite au pied des montagnes de Niyamgiri, en Inde, près de la ville de Lanjigarh (Etat d'Orissa). La compagnie a illégalement exploité des hectares de forêt en les rasant.

La forêt dense des montagnes de Niyamgiri est un des « points chauds » de biodiversité les plus importants de l'est de l'Inde. La zone a été proposée comme sanctuaire de vie sauvage par le Ministère de l'Environnement indien et a été désigné comme réserve d'éléphants par l'Etat d'Orissa dès 2004. La forêt abrite plus de 300 espèces de plantes et d'arbres, dont 50 espèces de plantes médicinales au moins. Elle héberge enfin des espèces animales protégées par la section 18 de la loi indienne sur la vie sauvage : léopard, tigre, éléphant, pangolin, gecko doré, etc.

Suite à cette coupe à blanc, une usine d'aluminium a été construite par Vedanta Resources sans l'autorisation nécessaire. Son but est de traiter la bauxite des montagnes environnantes. L’usine pollue la rivière Vanshadhara et la nappe phréatique. La Cour Suprême indienne a déjà condamné Vedanta pour les conséquences de la mine de bauxite sur les populations indigènes.

Ce n'est de loin pas la première fois que Vedanta Resources est critiquée pour sa gestion environnementale. Elle a déjà été condamnée en 2004 pour le rejet de déchets toxiques de l’usine de cuivre de Tuticorin dans le Tamil Nadu, en Inde du Sud. Un groupe de travail de la Cour suprême indienne a écrit en 2004 que la gestion des déchets des usines de cuivre était un échec. Vedanta a également été critiquée en Zambie à cause d'un rejet dans la mine de cuivre de Konkola. Le 6 novembre 2006, toute la région de Chingola avait dû faire face à une crise de l'eau, suite à la contamination par Vedanta de la rivière de Kafue.

Vedanta Resources a acquis une réputation internationale tellement désastreuse que le fond de pension du gouvernement norvégien l'a exclue de ses investissements, justifiant d'un « risque inacceptable de complicité dans de graves dommages environnementaux présents et futurs ».

Malgré ces éléments, dont la Société générale a été informée par des ONG, la banque française a octroyé un financement spécifique à Vedanta Resources d'un montant de 75 millions de dollars en août 2007. En outre, elle détient ou gère pour compte de tiers des actions dans l'entreprise pour un montant de 9,3 millions de dollars.


Pour en savoir plus :

 

- Site « Secrets bancaires » : http://www.secretsbancaires.fr

 

- Pages dodgy deals de BankTrack (en anglais) : Bauxite mine Niyamgiri Hills + Mining in Goa / Sesa Goa + Konkola Copper Mines

 

- Communiqué du fonds de pension du gouvernement norvégien sur l'exclusion de Vedanta ressources (en anglais) : Vedanta Resources excluded from Government Pension Fund

 

 

 

 

 


AREVA

 

Transport dangereux de combustible nucléaire MOX (France-Japon)

 

Le plutonium issu de la combustion dans les centrales nucléaires du monde entier étant extrêmement radioactif, ce qui rend son traitement quasi-impossible, l'industrie nucléaire a « inventé » et tenté de développer depuis les années 1990 l'usage du MOX (pour « mélange d'oxydes »). Il s'agit d'un mélange d'uranium naturel et de plutonium, destiné à alimenter les réacteurs nucléaires prévus à cette fin. La multinationale Areva s'est faite une spécialité de la préparation du MOX qu'elle revend ensuite principalement à l'Allemagne, au Japon, au Royaume-Uni ou à la France, où le mélange est produit dans l'usine de Marcoule (Gard), après traitement du plutonium dans son autre usine de la Hague, à 20 kilomètres de Cherbourg.

 

Début mars 2009, l'ONG Greenpeace a révélé qu'1,8 tonne de MOX, soit le « plus important transport de plutonium de l'histoire » allait être transportée en toute confidentialité et dans des conditions de sécurité très critiquables. Par la route, le convoi est allé de la Hague au port de Cherbourg, première étape de son acheminement maritime par deux bateaux britanniques jusqu'au Japon à 20 000 kilomètres de distance, et après de multiples aller-et-retours par la route entre la Normandie et le sud de la France.

 

Le transport d'une telle quantité de MOX est extrêmement inquiétant, puisqu'elle permettrait de fabriquer l'équivalent de 225 bombes nucléaires. Le MOX est d'ailleurs classé par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) en catégorie 1, c'est-à-dire celle des matières directement utilisables pour fabriquer des armes nucléaires ; raison pour laquelle l'ONG a écrit au directeur de l'AIEA pour protester contre la légèreté et l'absence de transparence avec laquelle Areva transporte cette cargaison à très haut risque, sans même en avertir certains Etats dont les eaux seront traversées par les deux bateaux.

 

Transport d'autant plus critiquable qu'il est quasiment inutile. Pour de multiples raisons techniques et financières, le MOX n'a en effet jamais connu l'essor que l'industrie du nucléaire lui prévoyait et est aujourd'hui tellement peu utilisé qu'il ne peut en aucun cas être considéré comme une solution durable de valorisation des déchets nucléaires radioactifs. Outre les questions de prolifération, la chaîne de fabrication du MOX et son utilisation entraînent même l'augmentation de la quantité des déchets hautement radioactifs sur une période de temps très longue, du fait des transformations nécessaires du produit, qui génèrent des déchets à chaque étape. Malgré tout, Areva continue de promouvoir le MOX, dont il est le premier producteur au monde avec 95 % du marché en 2008, et de lui faire sillonner la France et le monde.

 

 

Pour en savoir plus :

 

- Le site de Greenpeace : www.greenpeace.org/france/news/transport-de-mox-areva-persi

 

- Sur le MOX : http://fr.wikipedia.org/wiki/Combustible_MOX

 

 

 

 

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